Face à la flambée suspecte des prix dans certaines grandes surfaces de la capitale, le Ministère de l’Économie nationale vient de frapper fort : des missions de surveillance sont actuellement en cours dans les supermarchés de Kinshasa, et ce pour une durée de 15 jours. Cette mesure vise à mettre fin aux pratiques tarifaires abusives qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages.

67 000 FC pour trois pommes : l’exemple qui choque
L’affaire qui a mis le feu aux poudres : trois pommes vendues à 67 000 FC (environ 20 €) dans un supermarché qui vient à peine d’ouvrir à Kinshasa. Le prix d’une seule pomme y frôle ainsi 22 000 FC, soit presque 40 fois plus cher que dans les marchés populaires comme Gambela ou Zando, où l’unité coûte entre 500 et 1 000 FC. Un tel écart soulève des questions légitimes : comment expliquer une telle différence, alors que ces produits sont souvent issus des mêmes circuits d’importation ?
C’est ce qui a fait réagir promptement le Daniel Mukoko Samba, Vice-Premier ministre en charge de l’économie nationale. Dans un communiqué officiel ce 5 août 2025, le Ministère de l’Économie nationale a annoncé avoir diligenté des missions de surveillance auprès des supermarchés et grandes surfaces. Objectif : vérifier la conformité des prix pratiqués avec la réglementation en vigueur.
« Ces missions, d’une durée de 15 jours, ont pour objectif de s’assurer du respect de la réglementation relative à la fixation des prix, notamment dans les supermarchés et grandes surfaces de la ville de Kinshasa », précise le communiqué.
Le ministère insiste : cette initiative s’inscrit dans la continuité de la politique de régulation du marché, avec une volonté affichée de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, tout en veillant à l’équité et à la transparence dans la chaîne de distribution.
Vigilance, mais sans amalgame
Si les cas comme celui de cette nouvelle grande surface à Kinshasa choquent et alimentent à juste titre les réseaux sociaux, le gouvernement invite la population à ne pas généraliser ces pratiques à l’ensemble des distributeurs. « Il faut éviter les généralisations hâtives à partir de cas isolés qui ne reflètent pas nécessairement l’état global du marché », rappelle le ministère, tout en appelant les opérateurs économiques à coopérer pleinement avec les équipes de contrôle.
JDW

