En prélude à son entrée au Conseil de sécurité des Nations Unies en janvier 2026, la République Démocratique du Congo (RDC) annonce l’organisation prochaine d’un side event de haut niveau en marge de la 79ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), prévue du 16 au 19 septembre 2025 à New York.
Placée sous le thème « Briser le cycle de l’impunité : lutte contre la traite, poursuite des crimes graves et réponse au conflit en RDC », cette rencontre vise à sensibiliser la communauté internationale et à mobiliser un soutien concret en faveur de la lutte contre la traite des êtres humains et les violences faites aux femmes en République Démocratique du Congo, particulièrement dans les zones affectées par les conflits.
Un événement stratégique dans un contexte diplomatique clé
Piloté par la Présidence de la République à travers la Conseillère spéciale du Chef de l’État, Mme Chantal Yelu Mulop, cet événement constitue une étape importante pour réaffirmer l’engagement du Président Félix Tshisekedi en faveur de la justice, de la dignité humaine et de la protection des victimes.
« Il ne s’agira pas d’un simple cadre de discussions. Nous voulons poser les bases d’une action internationale coordonnée, mobiliser des financements et envoyer un message fort : l’impunité ne sera plus tolérée », a déclaré Mme Mulop, en marge des réunions préparatoires.
Des thématiques sensibles et prioritaires
Deux panels principaux structureront les échanges :
- Le premier portera sur la traite des personnes et la migration illicite, avec un focus sur l’exploitation minière des enfants, la mendicité forcée, les mariages précoces et la prostitution imposée ;
- Le second abordera la justice pénale face aux crimes graves en contexte de conflit, notamment à l’Est du pays.
Des représentants des juridictions congolaises, des agences onusiennes, des partenaires internationaux et de la société civile sont attendus à la tribune.
Un appel à l’action et à la solidarité internationale
Au-delà de la sensibilisation, la RDC ambitionne de mobiliser entre 3 et 300 millions de dollars pour financer des programmes de réhabilitation, de justice et de prévention. Les fonds, qui ne seront pas gérés directement par l’État, transiteront par une plateforme neutre et crédible, en cours d’identification avec l’appui de l’Union européenne.
« Notre objectif est de créer un mécanisme durable, transparent et efficace au service des victimes », a précisé Antoine Ghonda, Ambassadeur itinérant du Chef de l’État, chargé de la mobilisation diplomatique autour de l’événement.
Des avancées déjà enregistrées en RDC
Depuis 2019, la RDC a mis en place une agence présidentielle dédiée à la lutte contre la traite des personnes. Une loi spécifique a été adoptée en 2022, et plusieurs mesures ont permis une réduction notable du travail forcé des enfants et des mariages précoces. La RDC a également quitté récemment la « watch list » américaine des pays ne respectant pas les standards minimaux en matière de lutte contre la traite.
Ces efforts ont été salués par des partenaires tels que l’OIM, l’Union européenne et les États-Unis, représentés à Kinshasa par l’Ambassadrice Lucy Tamlyn. Cette dernière a exprimé son soutien à l’initiative, y voyant « une opportunité de renforcer la gouvernance humanitaire et judiciaire, en particulier dans l’Est du pays. »
Vers une diplomatie humanitaire renforcée
Ce side event s’inscrit dans une vision plus large de diplomatie humanitaire prônée par la RDC à la veille de son mandat au Conseil de sécurité. Il entend servir de tribune pour faire entendre la voix des victimes congolaises et plaider pour des mécanismes internationaux de réponse plus robustes et plus équitables.
La mobilisation s’intensifie dans les différentes chancelleries, avec une forte implication de la Mission permanente de la RDC à New York et de l’Union européenne, principal partenaire stratégique de l’événement.
Avec ce rendez-vous diplomatique à fort impact humanitaire, la RDC entend transformer la douleur de ses victimes en levier d’action globale.
Jonas Eugène Kota

