Journaliste en danger (JED), avec l’appui de Reporters sans frontières Suède (RSF Sweden), organise les 19 et 20 août à Kinshasa, une session spéciale de formation des formateurs consacrée à la sécurité physique et numérique des journalistes ainsi qu’à l’usage de l’intelligence artificielle au service du journalisme. La formation sera animée par Donat Mbaya Tshimanga, avec Tshivis Tshivuadi comme modérateur.
Selon les termes de référence du programme, la première journée, consacrée à la sécurité intégrée du journaliste, abordera l’évaluation des risques avant mission, la préparation des déplacements, la sécurité en situation de tension, la protection des sources et des données, ainsi que la sécurisation des téléphones et des comptes.
Les participants seront également confrontés à une simulation de crise portant notamment sur une manifestation qui dégénère, l’arrestation d’un collègue, la confiscation d’un téléphone et l’exposition potentielle d’une source.
Le deuxième jour sera consacré à l’intelligence artificielle, à la sécurité et au professionnalisme journalistique. Les participants apprendront à exploiter l’IA pour la veille, la recherche, le tri d’informations et la préparation des reportages, tout en identifiant ses risques : contenus manipulés, deepfakes, désinformation, surveillance et exposition de données sensibles.
Le programme rappelle notamment qu’aucune information permettant d’identifier une source, aucun document confidentiel ou dossier sensible ne devrait être introduit dans un outil public d’IA. Cette dimension répond à l’essor des manipulations numériques dans le contexte du conflit à l’Est.
Les documents citent notamment la diffusion, en avril 2025, d’un faux journal de RFI utilisant des voix clonées pour annoncer un prétendu désarmement du M23, ainsi qu’une fausse vidéo attribuant de faux propos à une commissaire européenne sur l’AFC/M23.
Face à ces nouveaux risques, la formation met l’accent sur la vérification par les sources primaires, la recherche d’images inversée et l’interdiction de publier un contenu sur la seule base de sa viralité.
Au terme des deux journées, les participants devront être en mesure non seulement d’adopter de meilleures pratiques de sécurité et d’usage de l’IA, mais aussi de transmettre ces compétences à d’autres journalistes, notamment dans les provinces où les conditions de travail et l’accès aux outils numériques sont variables.
La formation se clôturera par une évaluation, l’élaboration d’une charte personnelle d’usage de l’IA, des engagements à 30 et 90 jours et la remise des certificats.
JEK

