La formalisation de l’économie informelle gagne du terrain dans les provinces de la RDC. À Lusambo, dans le Sankuru, une opération conduite par le ministère de l’Économie nationale et le Guichet unique de création d’entreprises (GUCE) a permis, du 7 au 13 août, de formaliser 1.300 entreprenants et de créer 176 établissements.
Cette opération fait suite au passage du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, dans la province. Elle constitue l’une des premières traductions concrètes de la volonté du Gouvernement d’étendre aux provinces la stratégie de formalisation de masse, après son lancement dans la ville-province de Kinshasa.
De l’informel à l’économie structurée

Conduite au Couvent des Frères de la Charité, à Lusambo, par une délégation mixte du ministère de l’Économie nationale et du GUCE, l’opération a abouti à la remise de documents administratifs à plusieurs opérateurs économiques du Sankuru. La cérémonie s’est déroulée sous la conduite du ministre provincial des Finances et de l’Économie, Désiré Fuamba.
Une centaine d’établissements ont notamment reçu leur Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), leur Identification nationale (IDN) et leur inscription à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ainsi que d’autres documents nécessaires à l’exercice formel de leurs activités.
Plus d’un millier d’entrepreneurs ont, pour leur part, obtenu leur attestation d’activité E1.
Au-delà de la simple obtention de documents administratifs, cette formalisation constitue un changement de statut économique pour les bénéficiaires. Elle leur permet notamment d’entrer officiellement dans le circuit économique formel et d’accéder aux services bancaires, une perspective saluée par les opérateurs eux-mêmes lors de la cérémonie.
Un chantier économique appelé à s’étendre aux provinces

Pour le Gouvernement, l’enjeu dépasse le seul Sankuru. La mission, qui devait se poursuivre jusqu’au 17 août, marque l’ouverture de la phase d’expansion de la formalisation de masse à partir de l’expérience engagée à Kinshasa. L’objectif est de rapprocher les services de formalisation des opérateurs économiques installés dans les différentes provinces.
Cette politique répond à un double impératif économique : mieux encadrer les activités entrepreneuriales et élargir progressivement le nombre d’acteurs intégrés dans l’économie formelle.
Pour les opérateurs, la formalisation peut faciliter l’accès aux services financiers et donner un cadre administratif plus sécurisé à leurs activités.
Pour l’État, elle constitue un instrument d’amélioration de la connaissance du tissu économique et d’intégration progressive des activités dans les circuits officiels.
L’opération du Sankuru s’inscrit ainsi dans le chantier plus large porté par Daniel Mukoko Samba autour de la lutte contre l’informalité et de la structuration de l’économie congolaise. Le ministère entend notamment renforcer l’accompagnement des opérateurs économiques et favoriser leur intégration dans le circuit formel.
Avec 1.300 entreprenants déjà formalisés et 176 établissements créés à Lusambo, le Gouvernement dispose d’un premier indicateur de l’ampleur que peut prendre cette stratégie lorsqu’elle est directement déployée au plus près des acteurs économiques. Le défi sera désormais de transformer cette formalisation administrative en activité économique durable, capable de faciliter le financement, la croissance des entreprises et, à terme, la création d’emplois dans les provinces.
JEK

