Commerce et intégration africaine : à Abidjan, la RDC plaide pour l’accélération de l’industrialisation du continent

La République démocratique du Congo a réaffirmé son engagement en faveur de l’intégration économique africaine et de la transformation locale des ressources naturelles à l’occasion du segment ministériel de la 9ᵉ session du Comité technique spécialisé sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration, couplée à la 5ᵉ session du Comité technique spécialisé sur le commerce, le tourisme, l’industrie et les ressources minérales, ouverte jeudi à Abidjan sous l’égide de l’Union africaine.

La délégation congolaise, composée d’experts du ministère du Commerce extérieur et de la Banque centrale du Congo (BCC), participe aux travaux consacrés à la mise en œuvre des priorités économiques de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, avec un accent particulier sur l’industrialisation du continent, le développement des chaînes de valeur régionales et l’accélération de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Conduisant la délégation au nom du gouvernement congolais, Jonathan Kasereka Kyakwa, directeur de cabinet adjoint du ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya, a appelé les États africains à passer des déclarations de principe à des actions concrètes pour valoriser les ressources naturelles du continent.

Il a notamment exhorté les institutions financières africaines, dont la Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank et l’AUDA-NEPAD, à soutenir davantage les projets d’industrialisation et de transformation locale, estimant que les minerais stratégiques africains offrent au continent une opportunité historique de s’imposer dans les chaînes de valeur liées à la transition énergétique mondiale.

La délégation congolaise a également insisté sur la nécessité d’accélérer la construction et la modernisation des infrastructures de transport et de commerce afin de lever les principaux obstacles au développement des échanges intra-africains. Pour Kinshasa, la réduction progressive des barrières tarifaires et non tarifaires prévue dans le cadre de la ZLECAf ne pourra produire ses effets qu’à condition d’être accompagnée d’investissements massifs dans les corridors logistiques, les postes frontaliers modernes et les plateformes commerciales régionales.

Cette position s’inscrit dans la stratégie défendue depuis plusieurs mois par le ministre Julien Paluku, qui fait de la facilitation des échanges, de la digitalisation des procédures douanières et de la transformation locale des matières premières les piliers de la politique commerciale de la RDC.

En ouvrant les travaux au nom du Premier ministre ivoirien, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a, pour sa part, invité les dirigeants africains ainsi que les partenaires techniques et financiers à accélérer les réformes nécessaires pour faire de l’industrialisation et du commerce intra-africain les principaux moteurs de la croissance du continent, conformément aux objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Les assises d’Abidjan, qui s’achèvent ce vendredi, interviennent dans un contexte marqué par l’accélération de la mise en œuvre de la ZLECAf et par les efforts croissants des États africains pour renforcer leur souveraineté économique en développant des chaînes de valeur régionales autour des ressources minières, agricoles et industrielles. Pour la RDC, riche en minerais critiques et engagée dans plusieurs projets de transformation locale, ces discussions constituent une nouvelle tribune pour défendre sa vision d’une intégration économique africaine fondée sur la création de valeur sur le continent plutôt que sur l’exportation de matières premières brutes.

C.G

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