Diplomatie RDC-Angola : Quand la méconnaissance du protocole est prise à tort pour une « humiliation »

Quelques heures après la mission effectuée à Luanda par l’ambassadeur itinérant Antoine Ghonda Mangalibi, des commentaires largement relayés sur les réseaux sociaux et certaines plateformes ont tenté de présenter la remise d’un message du président Félix Tshisekedi au ministre angolais des Affaires étrangères, plutôt qu’au président João Lourenço lui-même, comme la preuve d’une prétendue « humiliation diplomatique » infligée à la République démocratique du Congo. Une lecture qui ne résiste ni aux faits, ni au contexte de cette mission, et moins encore aux règles qui régissent les relations diplomatiques entre États.

À l’origine de cette controverse, certains commentaires ont interprété le fait que l’envoyé spécial du président Félix Tshisekedi ait remis son message au ministre angolais des Affaires étrangères, Téte António, plutôt qu’au président João Lourenço lui-même, comme un refus de recevoir l’émissaire congolais.

Or, selon des informations concordantes, cette lecture est erronée. La mission confiée à Antoine Ghonda consistait à transmettre la réponse écrite du président Félix Tshisekedi à une invitation officielle, également écrite, que lui avait adressée son homologue angolais en vue de sa participation à la troisième édition de l’initiative mondiale « A Call for Peace, the End of Wars and Respect for International Law », organisée par l’Alliance des Nations unies pour les civilisations (UNAOC) les 16 et 17 juillet à Luanda.

Dans cette correspondance, le chef de l’État congolais confirme sa présence au sommet, où il doit prononcer une allocution avant de poursuivre son déplacement vers les États-Unis pour d’autres engagements internationaux.

Au moment de l’arrivée de l’émissaire congolais à Luanda, le président João Lourenço se trouvait toutefois hors du territoire angolais, en séjour au Brésil. Son absence relevait donc de son agenda personnel et non d’une décision de décliner la réception de l’envoyé de Kinshasa.

Conformément aux pratiques diplomatiques universelles, le message présidentiel a dès lors été reçu par le ministre angolais des Affaires étrangères, Téte António, habilité à assurer cette fonction en l’absence du chef de l’État. Une telle procédure est courante dans les relations internationales et ne constitue en rien un manquement au protocole ou un geste de désapprobation politique.

Les informations recueillies indiquent d’ailleurs que la mission s’est déroulée dans un climat qualifié de cordial et sans le moindre incident diplomatique.

Ainsi donc, les allégations faisant état d’une « humiliation » de la RDC reposent sur une interprétation qui ne correspond ni aux circonstances réelles de cette visite ni aux règles de fonctionnement de la diplomatie entre États souverains. Au contraire, cette mission s’inscrivait dans le cadre normal des échanges entre Kinshasa et Luanda, deux capitales qui entretiennent des relations privilégiées et qui coopèrent étroitement sur plusieurs dossiers régionaux, notamment les initiatives de paix concernant la République démocratique du Congo.

La confirmation par écrit de la participation du président Félix Tshisekedi au sommet de l’UNAOC revêt d’ailleurs une importance particulière, alors que les efforts diplomatiques se multiplient en faveur de la stabilité régionale.

L’épisode rappelle enfin qu’en matière de relations internationales, la compréhension des règles protocolaires demeure essentielle. L’absence temporaire d’un chef d’État et la remise d’un message officiel à son ministre des Affaires étrangères constituent une pratique diplomatique ordinaire. Les présenter comme une marque de désaveu ou une humiliation revient davantage à méconnaître les usages de la diplomatie qu’à décrire la réalité des faits.

JDW

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