À peine achevée la première Caravane infrastructurelle « Fatshi Bâtit », qui l’a conduit pendant onze jours sur plus de 3 000 kilomètres de routes à travers dix provinces, le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, poursuit sa stratégie de modernisation du secteur. L’état des lieux des grands chantiers routiers nationaux étant fait, le patron des ITP s’attaque désormais à un autre défi majeur : garantir la pérennité des investissements réalisés grâce à une gestion moderne, transparente et performante des infrastructures.
C’est dans cette perspective qu’il a effectué une visite de travail à l’Institut Mihajlo Pupin, à Belgrade, en Serbie, afin de s’imprégner des systèmes de péage automatisés et des technologies de l’information et de la communication (TIC) appliquées à la gestion des infrastructures routières. Objectif : sécuriser les recettes de péage, améliorer la fluidité du trafic et doter la RDC d’outils modernes de gestion du réseau routier.

Un partenaire de référence mondiale
Fondé en 1946 et rattaché à l’Université de Belgrade, l’Institut Mihajlo Pupin est considéré comme le plus important centre de recherche en technologies de l’information et de la communication d’Europe du Sud-Est. Référence internationale dans l’ingénierie des systèmes, il a notamment été l’un des premiers instituts au monde à développer, dès les années 1980, des systèmes de péage automatisés reposant sur la technologie informatique.
Aujourd’hui, ses solutions équipent de nombreux pays dans les domaines des transports intelligents, de la gestion des tunnels, de la signalisation ferroviaire et des réseaux de télécommunication.
Pour John Banza Lunda, cette expertise constitue une source d’inspiration au moment où la RDC accélère la modernisation de son réseau routier et prépare le déploiement de nouvelles stations de péage sur les grands corridors nationaux.
Tourner la page des péages manuels
L’une des principales innovations présentées au ministre Banza repose sur le péage électronique (Electronic Toll Collection – ETC).
Le système fonctionne grâce à des badges électroniques installés sur les véhicules. À l’approche de la barrière, des antennes détectent automatiquement le véhicule, identifient sa catégorie et prélèvent le montant correspondant sans immobiliser le trafic.
L’Institut développe également des systèmes de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR), capables d’identifier chaque véhicule grâce à des caméras intelligentes installées aux postes de péage.
Toutes les opérations sont ensuite transmises, sous forme de données cryptées, vers un centre national de contrôle, garantissant un suivi permanent de chaque transaction.
Sécuriser les recettes publiques

Au-delà de l’innovation technologique, la démarche répond à un enjeu financier majeur. Au cours de la Caravane infrastructurelle, John Banza Lunda avait multiplié les inspections des postes de péage et rappelé que la pérennité des nouvelles routes dépendrait directement de la qualité de leur entretien. Celui-ci nécessite des ressources importantes que le Gouvernement entend désormais mieux protéger.
Grâce à l’automatisation, chaque véhicule franchissant une barrière est enregistré, photographié et associé à une transaction numérique. Le système croise automatiquement le nombre de véhicules détectés avec les recettes encaissées, limitant considérablement les risques de fraude, de sous-déclaration ou de coulage financier.
Cette traçabilité intégrale permettra également aux services de contrôle de réaliser des audits en temps réel et d’améliorer la transparence dans la gestion des recettes routières.
Fluidifier le trafic sur les grands corridors
L’autre avantage recherché concerne la mobilité. Les longues files d’attente observées sur plusieurs postes de péage, notamment sur les grands axes nationaux, ralentissent les échanges économiques et augmentent les coûts de transport.
Avec un système électronique, le franchissement des barrières ne prend plus que quelques secondes. Les véhicules circulent pratiquement sans arrêt, réduisant les embouteillages, la consommation de carburant et l’usure prématurée des chaussées aux abords des stations.
Pour un pays engagé dans la modernisation du corridor Banana-Kasumbalesa, cette évolution constitue un levier important de compétitivité.
Vers une gestion intelligente des routes
La visite du ministre s’inscrit également dans une vision plus large de gouvernance numérique. Les technologies de transport intelligent (ITS) permettent de collecter d’importantes quantités de données sur les flux de circulation, la fréquence de passage des véhicules ou encore le trafic des poids lourds.
Ces informations offrent aux gestionnaires routiers une cartographie précise de l’utilisation du réseau national, facilitant la planification des travaux d’entretien avant que les chaussées ne se dégradent.
Couplées aux recettes sécurisées des péages, elles pourraient fournir au Fonds national d’entretien routier (FONER) et à l’État les moyens d’assurer un financement plus durable de la maintenance du patrimoine routier.
Une nouvelle étape après l’audit du réseau national
Cette mission en Serbie intervient dans le prolongement logique de la Caravane infrastructurelle, présentée comme un véritable audit national des infrastructures.
Après avoir parcouru les principaux axes routiers, inspecté les ponts, les aéroports, les ouvrages antiérosifs et les grands chantiers de la RN1, John Banza Lunda entend désormais compléter l’effort de modernisation par des outils numériques capables d’améliorer la gouvernance des infrastructures. L’ambition est de faire évoluer la RDC d’un système de gestion essentiellement manuel vers un modèle intelligent, où les technologies de l’information contribueront à sécuriser les recettes publiques, optimiser la maintenance des routes et accompagner durablement le vaste programme de connectivité engagé par le Gouvernement.
JEK

