La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a apporté, ce samedi, une réponse nuancée au message des évêques catholiques. Dans un communiqué officiel, la structure citoyenne salue la « vigilance constitutionnelle » prônée par la CENCO, tout en regrettant son « silence » sur une autre violation majeure de la Loi fondamentale : l’administration parallèle instaurée par la rébellion AFC/M23 dans l’est du pays.
Un soutien mesuré à la position des évêques
À l’issue de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO (18-20 juin), les évêques avaient estimé qu’il n’y avait, dans le contexte actuel, « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » de réformer la Constitution. La NSCC prend acte de cette analyse pastorale, mais tient à souligner que cette position « ne remet pas en cause les mécanismes constitutionnels prévus pour toute évolution éventuelle ».
Pour la NSCC, le message de la CENCO laisse ainsi la porte ouverte à un débat, à condition qu’il respecte strictement les procédures légales.
L’organisation citoyenne applaudit particulièrement l’appel des évêques à la vigilance citoyenne, notamment sur les dispositions intangibles (durée des mandats, intégrité territoriale, etc.), et leur opposition ferme à toute tentative de troisième mandat présidentiel.
Le point de discorde : le « silence » sur le M23
Mais là où le bât blesse, c’est sur l’omission relevée par la NSCC. « Le message demeure silencieux sur une autre violation grave de la Constitution, à savoir l’administration parallèle exercée dans une partie du territoire national par l’AFC/M23 sous la direction de Corneille Nangaa », écrit la coordination nationale.
La NSCC estime que la défense de la Constitution ne saurait être sélective. « Elle exige une condamnation cohérente de toutes les violations, qu’elles proviennent d’une éventuelle remise en cause des intangibles ou de l’occupation illégale d’une partie du territoire par des groupes armés qui défient les institutions de la République », insiste le communiqué.
Un appel au débat inclusif et républicain
Au-delà de cette critique, la NSCC réaffirme sa conviction : l’avenir institutionnel du pays « ne saurait être confisqué par quelque acteur que ce soit ». Toute réflexion sur la Constitution doit impérativement s’inscrire dans un cadre « légal, inclusif, apaisé, transparent et participatif », le peuple congolais restant le « seul détenteur de la souveraineté nationale ».
Enfin, la structure citoyenne renouvelle son appel à toutes les forces vives (politiques, sociales, religieuses) à privilégier le dialogue républicain, à rejeter toute manipulation et à œuvrer ensemble pour la paix, l’unité nationale et le renforcement de l’État de droit.
JDW

