RDC : le gouvernement lance à Lubumbashi la vente subventionnée de farine de maïs pour contenir la hausse des prix

Grace aux stratégies mises en place à l’initiative du ministère de l’économie nationale, le sac de maïs est désormais proposé à 32 500 FC contre un prix habituellement supérieur à 40 000 FC, soit une réduction de plus de 18 %; et la tendance baissière va se poursuivre.

Le gouvernement a officiellement lancé, samedi à Lubumbashi, un programme de vente subventionnée de farine de maïs destiné à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et à stabiliser les prix de cette denrée de base dans l’espace Grand Katanga.

L’opération, pilotée par le ministère de l’Économie nationale à travers le Fonds de Régulation Économique (FOREC), marque l’entrée en phase opérationnelle du programme gouvernemental de régulation du marché intérieur mis en place pour répondre aux tensions observées sur l’approvisionnement et les prix des produits alimentaires essentiels. Le lancement officiel est intervenu au marché Mzée de Lubumbashi, après la signature d’un protocole d’accord entre le FOREC et plusieurs producteurs locaux sélectionnés dans le cadre du programme.

Pour cette première phase, trois points de distribution opérés par AGRICO SA ont été retenus : le site Mapendo au marché Mzée, la minoterie de la route de Kinsevere ainsi que la ferme Terra située dans le village Lubanda, sur la route Kasenga.

Représentant les autorités provinciales, Jean Jacques Madianga, directeur de cabinet du ministre provincial de l’Économie, du Commerce et des Transports, a salué une mesure qu’il considère comme une réponse concrète aux préoccupations sociales de la population.

« Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du Chef de l’État visant l’amélioration des conditions de vie de la population », a-t-il déclaré, soulignant également l’implication du gouvernement provincial dans l’accompagnement du programme.

Une mesure contre la vie chère

Cette intervention s’inscrit dans l’un des engagements prioritaires du président Félix Tshisekedi visant à améliorer le pouvoir d’achat des populations dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les tensions récurrentes sur certains marchés alimentaires.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement multiplie les initiatives destinées à stabiliser les prix des produits de grande consommation. Le ministère de l’Économie nationale, dirigé par Daniel Mukoko Samba, a notamment engagé plusieurs programmes de régulation du marché intérieur portant sur les produits pétroliers, les denrées alimentaires et le soutien à la production agricole locale.

Dans le cas de la farine de maïs, aliment de base pour des millions de Congolais dans les provinces du sud-est du pays, les autorités cherchent à atténuer les effets de la hausse des coûts de production et des difficultés d’approvisionnement qui affectent périodiquement le marché.

Le représentant du FOREC, Barak Moma, a rappelé que la mesure actuellement mise en œuvre demeure une intervention d’urgence à caractère conjoncturel. « Le Gouvernement a opté pour une intervention progressive, fondée sur l’appui aux producteurs locaux ciblés, notamment AGRICO SA, avant de déployer d’autres mécanismes structurels de régulation orientés vers une subvention à la production », a-t-il expliqué.

Un prix réduit pour les ménages

Grâce à la prise en charge partielle du coût de production par l’État, les consommateurs pourront acquérir un sac de farine de maïs à un prix significativement inférieur à celui pratiqué sur le marché.

Selon Didier Kamba, directeur des Ressources humaines et administratives d’AGRICO SA, le sac est désormais proposé à 32 500 francs congolais, contre un prix habituellement supérieur à 40 000 francs congolais, soit une réduction de plus de 18 %.

« Grâce à la prise en charge partielle du coût par le Gouvernement congolais à travers le Ministère de l’Économie nationale, la population peut désormais acquérir un sac de farine au prix subventionné de 32.500 francs congolais », a-t-il indiqué.

Pour préserver l’objectif social du programme, les autorités ont fixé une limite de deux sacs par ménage. Un système de traçabilité basé sur des codes QR a également été instauré afin de prévenir les fraudes et les achats spéculatifs destinés à la revente.

Vers un soutien accru à la production locale

Au-delà de la réponse immédiate à la hausse des prix, le gouvernement entend utiliser ce programme comme un levier de soutien à l’agriculture et à l’industrie agroalimentaire nationales.

La stratégie défendue par le ministère de l’Économie nationale consiste à renforcer progressivement les capacités des producteurs locaux afin de réduire la dépendance aux importations et d’assurer un approvisionnement plus stable du marché intérieur.

Cette démarche rejoint d’autres initiatives récemment engagées par le gouvernement dans les filières agricoles, notamment les programmes de relance de la production de maïs, de soja et de pomme de terre, ainsi que les partenariats conclus avec plusieurs coopératives et opérateurs agro-industriels dans différentes provinces du pays.

Pour les autorités, l’objectif à moyen terme est de passer d’une logique de subvention à la consommation à une politique plus structurelle de soutien à la production, capable de renforcer durablement la sécurité alimentaire tout en stabilisant les prix pour les consommateurs.

Albert Osako

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