RDC : des normes nationales aux autoroutes, John Banza Lunda décline la révolution des infrastructures en cours

Routes nationales, autoroutes, ponts géants, voiries urbaines et désormais normes techniques nationales : le gouvernement affiche une ambition assumée de transformation profonde du paysage infrastructurel du pays.

Lors du briefing de presse de ce mardi 9 juin à Kinshasa aux côtés du ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présenté un état des lieux détaillé des principaux chantiers engagés à travers les 26 provinces de la République démocratique du Congo.

Placée sous le thème « État des lieux, avancées enregistrées et perspectives dans le secteur des infrastructures en RDC », cette rencontre a permis au ministre de mettre en lumière les réalisations en cours, mais aussi la vision qui sous-tend la politique infrastructurelle portée par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Des premières normes nationales pour encadrer le secteur

Parmi les annonces majeures figure l’élaboration en cours des toutes premières normes nationales applicables aux infrastructures et aux travaux publics depuis l’indépendance du pays. Pour le ministre John Banza Lunda, la récente Conférence nationale sur les infrastructures a marqué un tournant historique en jetant les bases d’un cadre normatif destiné à améliorer durablement la qualité des ouvrages publics.

« Depuis notre indépendance, le pays ne s’est jamais doté de normes nationales dans le domaine des infrastructures. Nous allons donner au pays au moins 350 normes dans le domaine des travaux publics », a-t-il déclaré.

Ces référentiels techniques concerneront notamment les routes, les ponts, les bâtiments publics, les ouvrages d’assainissement ainsi que les infrastructures de transport. L’objectif est de garantir davantage de qualité, de sécurité et de durabilité dans les investissements publics.

Un réseau routier presque triplé en sept ans

Le gouvernement revendique également une progression significative du réseau routier national.

Selon le ministre des ITP, la RDC est passée d’environ 3.000 Km de routes hérités en 2019 à près de 8.000 Km aujourd’hui grâce aux différents programmes de réhabilitation, de modernisation et de construction engagés sur les grands axes du pays.

Cette évolution s’inscrit dans une stratégie de désenclavement visant à reconnecter les provinces entre elles et à renforcer l’intégration économique nationale.

La RN1, colonne vertébrale du territoire

Au cœur de cette stratégie figure la modernisation de la Route nationale n°1, considérée comme l’épine dorsale du réseau routier congolais. Longue d’environ 3.300 Km, elle doit relier le futur port en eaux profondes de Banana, sur la façade atlantique, à Sakania dans le Haut-Katanga, à la frontière zambienne.

Ce corridor traversera plusieurs provinces et constituera un axe logistique majeur pour les exportations minières, agricoles et industrielles du pays.

Le projet s’inscrit dans la dynamique du Corridor de Banana, appelé à devenir l’un des principaux leviers de compétitivité économique de la RDC.

La RN2 et la première autoroute moderne du pays

Autre chantier emblématique : la modernisation de la Route nationale n°2 reliant Mbuji-Mayi à Bukavu sur près de 1.080 Km.

Le projet prévoit la construction de ce qui est présenté comme la première véritable autoroute moderne de la RDC, avec des sections aménagées en deux fois deux voies.

Cette infrastructure stratégique traversera plusieurs provinces du centre et de l’est du pays, facilitant les échanges commerciaux et la mobilité des populations.

Le projet comprend également la construction d’un pont spectaculaire de 714 mètres sur le fleuve Congo entre les provinces de la Lomami et du Maniema. Selon le ministre, cet ouvrage deviendra le deuxième plus long pont de la RDC après le Pont Maréchal, long de 748 mètres.

« Entre les provinces de la Lomami et du Maniema, nous construisons le deuxième plus long pont du pays après le pont Maréchal », a précisé John Banza Lunda.

Plusieurs corridors nationaux en chantier

Le gouvernement poursuit également les travaux sur plusieurs autres axes jugés stratégiques pour l’intégration du territoire.

Parmi eux figurent la Route nationale n°4 entre Kisangani et Beni,.la Route nationale n°7 reliant Kananga à Kisangani à travers le Sankuru et la Tshuapa, plusieurs tronçons stratégiques dans le Kongo Central, l’Équateur et la Mongala ; les projets de connexion aux grands corridors régionaux, notamment le Corridor de Lobito et le Corridor de Banana.

Ces infrastructures constituent des outils essentiels pour stimuler le commerce intérieur, réduire les coûts logistiques et favoriser les investissements, a fait savoir John Banza Lund.

Les villes de l’intérieur également concernées

Au-delà des routes nationales, le gouvernement met l’accent sur la modernisation des centres urbains. À Kinshasa, où les besoins sont estimés à près de 6.000 Km de voirie, l’objectif est d’atteindre progressivement le seuil de 1.000 Km de routes urbaines aménagées.

Plusieurs villes de l’intérieur bénéficient également de programmes de modernisation.

Le ministre a notamment cité Bunia, Mbuji-Mayi ;Kalemie, Lisala, Bumba, Lodja, Lubefu, Tshikapa, Kabinda.

« Pour la première fois, nous sommes en train de moderniser des villes qui n’avaient jamais été prises en compte », a affirmé le ministre.

Parmi les projets annoncés figure également la construction d’un pont moderne entre Lisala et Bongandanga afin de faciliter la circulation des personnes et le transport des marchandises dans cette partie du pays.

Faire des infrastructures un levier de cohésion nationale

John Banza Lunda a tenu à souligner que ces investissements dépassent la simple construction de routes ou de ponts. Ils s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer la cohésion territoriale, soutenir la croissance économique et réduire les inégalités de développement entre les provinces.

Le constat posé par son ministère est que le réseau hérité de l’époque coloniale ne répond plus aux besoins d’un pays-continent de plus de 100 millions d’habitants.

L’ambition affichée consiste désormais à bâtir un système de transport moderne, interconnecté et résilient, capable d’accompagner l’industrialisation du pays, la valorisation de ses ressources naturelles et son intégration dans les grands corridors économiques régionaux.

À travers cette politique, le gouvernement entend faire des infrastructures l’un des principaux moteurs de la transformation économique de la République démocratique du Congo au cours de la prochaine décennie.

Yanel Manu

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