La République démocratique du Congo passe à une étape supérieure dans son programme de modernisation des infrastructures avec la signature officielle de trois contrats de travaux destinés à accélérer le désenclavement du centre et de l’est du pays. Les accords ont été signés ce mercredi 3 juin 2026 par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, avec les entreprises chinoises China First Highway Engineering Company Limited, Sinohydro Bureau 14 et le Groupement China Jiangxi International Economic, dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), financé par la Banque mondiale.

Les contrats portent sur le bitumage de 206 kilomètres de la Route nationale n°2 (RN2), entre Mbanga et la rivière Lualaba, ainsi que sur la construction d’un pont de 714 mètres sur le fleuve Congo, présenté comme l’un des ouvrages les plus importants jamais réalisés dans cette partie du territoire national.
Selon le gouvernement, ce projet s’inscrit dans la stratégie de connectivité nationale portée par le président de la République, visant à renforcer l’intégration économique des provinces et à améliorer la circulation des personnes, des marchandises et des services.
« La RN2 est l’exemple parfait de notre nouvelle approche : bâtir des routes modernes qui intègrent dès la conception des dispositifs innovants », a déclaré le ministre John Banza Lunda lors de la cérémonie de signature.
Un corridor routier de près de 500 kilomètres
Les 206 kilomètres nouvellement attribués sont répartis en deux lots d’environ 100 kilomètres chacun et viennent compléter les 280 kilomètres déjà en cours de modernisation entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga. Une fois l’ensemble achevé, le corridor routier modernisé atteindra près de 480 kilomètres, constituant l’un des plus vastes programmes routiers actuellement en exécution en RDC.
Les infrastructures seront aménagées selon les standards d’une autoroute moderne à double chaussée (2×2 voies) et intégreront des réservations destinées au déploiement futur de la fibre optique ainsi qu’au transport de l’énergie électrique.
À terme, cet axe stratégique doit relier les provinces du Kasaï-Oriental, de la Lomami, du Maniema et du Sud-Kivu, tout en renforçant les connexions nationales vers Bukavu.
Un pont de 714 mètres sur le Lualaba
L’autre composante majeure du projet concerne la construction d’un pont de 714 mètres sur la rivière Lualaba.
Selon les autorités congolaises, l’ouvrage deviendra le troisième plus long pont construit sur le fleuve Congo. Doté de deux fois deux voies de circulation, il est appelé à jouer un rôle déterminant dans la continuité du corridor routier et dans la fluidification des échanges entre le centre et l’est du pays.
Le coût prévisionnel du pont est estimé à 37 millions de dollars américains pour une durée d’exécution de 24 mois.
Un financement soutenu par la Banque mondiale
Les responsables du projet ont souligné que le processus de sélection des entreprises s’est déroulé conformément aux procédures internationales de la Banque mondiale.
Les études techniques ont été lancées dès le début de l’année 2025 avant l’ouverture d’un appel d’offres international. Les offres ont fait l’objet d’une évaluation technique approfondie avant l’examen des propositions financières.
Le coût des travaux routiers est évalué à environ 150 millions de dollars américains, un montant jugé compétitif au regard des normes techniques retenues et de l’ampleur du projet.
Démarrage des travaux en octobre
Avant le lancement effectif des travaux, prévu en octobre 2026, une période de mobilisation de quatre mois permettra l’acheminement des équipements, l’installation des bases-vie et la préparation logistique des différents sites.
Une réunion technique de cadrage est attendue dans les prochains jours avec les autorités provinciales et les élus des régions concernées afin de présenter les différentes composantes du projet.
Pour le Gouvernement, ce nouvel investissement constitue l’un des chantiers structurants majeurs du programme national de modernisation des infrastructures. Au-delà de son impact sur la mobilité, il vise à renforcer l’intégration territoriale, à réduire les coûts de transport et à soutenir le développement économique des provinces traversées.
JDW

