La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de diplomatie économique en obtenant l’engagement de l’American Jewish Committee à soutenir ses ambitions d’industrialisation et de diversification des exportations, à l’issue d’une réunion tenue jeudi à Kinshasa entre le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et une délégation de cette organisation américaine.

Conduite par le président de son conseil d’administration, Stanley Bergman, la délégation de l’AJC a exprimé sa volonté de mobiliser des capitaux en faveur de l’installation d’unités de transformation locale en RDC, dans le cadre d’un partenariat axé sur la valorisation des ressources nationales.
Fondée en 1906, l’AJC figure parmi les organisations d’influence les plus puissantes des États-Unis. Son vaste réseau, qui réunit des décideurs économiques, financiers et politiques de premier plan, en fait un acteur majeur de la diplomatie d’affaires et de la mobilisation des investissements à l’échelle mondiale.
« La RDC n’est plus seulement un marché de consommation ; elle se positionne désormais comme une destination prioritaire pour l’investissement industriel en Afrique », a déclaré le ministre, soulignant l’ambition du gouvernement de transformer localement les matières premières, en particulier les produits agricoles, plutôt que de continuer à les exporter à l’état brut.
Les discussions ont également porté sur le développement d’une zone économique spéciale autour du futur port en eaux profondes de Banana, présenté comme un futur hub logistique et industriel. Selon le ministre, cette infrastructure, dont un premier segment doit être inauguré en décembre prochain, pourrait traiter jusqu’à un million de conteneurs dans les cinq prochaines années.
Pour accélérer la concrétisation de ces projets, une commission mixte d’experts sera mise en place dans les prochains jours. Elle aura pour mission d’élaborer une feuille de route destinée à faciliter l’implantation d’entreprises américaines en RDC, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie, de l’énergie, de la santé et des transports.
Ce rapprochement s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés lors d’une rencontre stratégique tenue à New York en septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à laquelle participait le président Félix Tshisekedi. À travers ce partenariat, Kinshasa entend consolider un axe de coopération économique entre la RDC, les États-Unis et Israël, avec pour objectif de faire du commerce extérieur un levier majeur de transformation structurelle et de croissance durable.
Albert Osako

