ARRÊT SUR IMAGES : Le nouveau visage de la place Sainte-Thérèse à Ndjili

Longtemps théâtre des grandes ferveurs populaires, des joutes sportives improvisées et des rassemblements qui ont marqué l’histoire politique de la capitale, la place Sainte-Thérèse de Ndjili s’offre aujourd’hui une spectaculaire renaissance. Au cœur de la Tshangu, ce site emblématique, véritable poumon social de l’est de Kinshasa, se métamorphose en un complexe moderne appelé à redessiner durablement le paysage urbain, sportif et culturel de cette partie de la ville.

Lors de sa visite d’inspection, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a pu mesurer l’ampleur des travaux en cours sur le complexe omnisports en voie d’achèvement.

Avec un taux d’exécution de 95 %, l’ouvrage impressionne déjà par son envergure et par la vision qu’il incarne. Deux terrains de football, un terrain de basket-ball, un terrain de Nzango ainsi qu’une série d’autres installations sportives composent cet ensemble pensé pour répondre aux aspirations d’une jeunesse avide d’espaces d’expression, de dépassement et d’épanouissement.

Mais au-delà de ses infrastructures, c’est toute une ambition qui prend forme : faire de la place Sainte-Thérèse un véritable carrefour de loisirs, d’encadrement de la jeunesse et de cohésion sociale. Dans une ville où les espaces publics de qualité demeurent rares, cette réalisation apparaît comme une réponse concrète aux besoins d’une population en constante croissance.

Un haut lieu de mémoire et de rassemblement

Lieu mythique pour plusieurs générations de Kinois, la place Sainte-Thérèse a toujours occupé une place singulière dans l’imaginaire collectif. Carrefour stratégique reliant plusieurs quartiers de Ndjili — notamment les quartiers 4, 5, 7 et 10 — ainsi que la commune voisine de Kimbanseke, elle a été, au fil des décennies, le théâtre des grands moments de la vie publique congolaise.

Meetings politiques d’envergure, croisades religieuses, concerts populaires, compétitions sportives interquartiers : cette vaste esplanade a vu défiler les passions, les espoirs et les aspirations de tout un peuple.

Ses terrains sablonneux, autrefois animés par les matchs de football de quartier, ont longtemps servi d’école de vie et de creuset de talents pour la jeunesse de la Tshangu.

Une transformation d’envergure pour une ambition nouvelle

La modernisation de la place Sainte-Thérèse s’inscrit dans une dynamique plus large de requalification urbaine. Porté notamment par le projet Kin Elenda, le nouveau complexe omnisports se distingue par la richesse de ses équipements : mini-stade avec gradins, gymnase polyvalent, espaces dédiés au basket-ball, au volley-ball, au tennis de table, aux arts martiaux, à la musculation et à l’athlétisme.

L’aménagement intègre également une aire de jeux pour enfants, un parcours de santé ainsi qu’un mur d’escalade, une innovation inédite à Kinshasa. Autant d’infrastructures qui traduisent une volonté affirmée de promouvoir le sport de masse, l’excellence sportive et l’inclusion sociale.

À cette métamorphose s’ajoute un projet d’envergure nationale : la construction annoncée du futur stade Étienne Tshisekedi, une enceinte moderne dont la capacité devrait osciller entre 40 000 et 60 000 places. Ce nouvel équipement ambitionne de faire de Ndjili un pôle sportif majeur, capable d’accueillir les plus grandes compétitions nationales et internationales.

Un nouveau centre de gravité pour l’est de Kinshasa

La renaissance de la place Sainte-Thérèse ne se limite pas aux seules installations sportives. Elle s’accompagne d’une modernisation de son environnement immédiat, avec la réhabilitation des avenues Luemba et Maître Croquet, la construction de nouveaux caniveaux pour lutter contre les inondations, l’édification d’une nouvelle maison communale et l’installation d’un système d’électrification solaire.

Ainsi rénovée, la place Sainte-Thérèse s’affirme comme bien plus qu’un simple espace public. Elle devient le symbole d’une ville qui se réinvente, d’une jeunesse à laquelle de nouvelles perspectives sont offertes, et d’une ambition urbaine tournée vers l’avenir.

À Ndjili, l’histoire continue de s’écrire. Mais désormais, elle se dessine sur un terrain flambant neuf, sous les clameurs d’une population qui voit enfin renaître l’un de ses lieux les plus chers.

Jonas Eugène Kota

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *