Le pari est relevé. En réunissant durant trois jours l’ensemble des acteurs du secteur postal, des télécommunications et du numérique, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda, a inscrit son nom dans l’histoire institutionnelle de la République démocratique du Congo. Pour la première fois depuis l’accession du pays à l’indépendance, les États généraux des Postes et Télécommunications ont effectivement été organisés, ouvrant une nouvelle ère pour un secteur stratégique longtemps en attente de réformes structurantes.
Un forum historique enfin concrétisé
Clôturées ce mercredi au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, au nom du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ces assises ont tenu toutes leurs promesses. Placées sous le thème « Postes et télécommunications, vecteurs de la croissance économique et du développement », elles ont réuni pendant trois jours décideurs publics, opérateurs privés, experts, universitaires et partenaires techniques autour d’un objectif commun : refonder un secteur au cœur de la transformation économique et numérique de la RDC.
Pour José Mpanda, l’organisation de ce forum constituait un défi majeur. Il l’a transformé en succès politique et institutionnel. En initiant ces premières assises nationales du secteur, le ministre a non seulement répondu à l’une des priorités fixées par le Chef de l’État, mais il a surtout créé un cadre inédit de dialogue, de réflexion stratégique et de concertation entre toutes les parties prenantes.
« La République démocratique du Congo se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Nous n’avons pas le droit de rester en marge de la révolution des technologies de l’information. Nous devons en faire un levier de développement économique et social », a déclaré José Mpanda, soulignant l’importance de ces travaux qu’il a qualifiés de « véritable carrefour du savoir ».
Des réformes structurantes pour un secteur d’avenir
Au terme des travaux, plusieurs orientations stratégiques ont été arrêtées. La Première ministre a instruit le ministre sectoriel de proposer un processus structuré de révision du cadre légal et réglementaire afin de l’adapter aux standards internationaux et aux réalités du numérique. Une réforme jugée indispensable pour moderniser la gouvernance du secteur et améliorer son attractivité.
Autre priorité majeure : la relance de la Banque postale, appelée à devenir un instrument d’inclusion financière et de proximité au service des populations sur l’ensemble du territoire national.
Le gouvernement entend également accélérer la modernisation de la Poste, tout en sécurisant le patrimoine de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT), enjeu central de souveraineté économique et technologique.
Les assises ont en outre débouché sur l’élaboration d’une feuille de route ambitieuse visant à assurer la connectivité numérique des 145 territoires de la RDC d’ici 2030. Cet objectif s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire durablement la fracture numérique, de désenclaver les zones rurales et de garantir un accès équitable aux services numériques.
Dans son discours de clôture, Judith Suminwa a insisté sur la portée stratégique des recommandations issues des travaux. « Ces États généraux n’auront pas été un exercice de circonstance. Ils auront constitué un moment de vérité… et désormais un point de départ pour l’engagement et l’action », a-t-elle affirmé.
La Cheffe du Gouvernement a également rappelé que le numérique constitue désormais un pilier essentiel du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028. « Un Congo connecté est un Congo plus fort », a-t-elle martelé, illustrant comment la connectivité peut rapprocher les services publics, faciliter l’accès au savoir, stimuler l’entrepreneuriat et ouvrir de nouveaux marchés à travers tout le pays.
Le secteur privé, par la voix de Laurent Ntumba, président de la commission télécommunications de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), a salué l’engagement du Gouvernement et appelé à des réformes susceptibles d’améliorer le climat des affaires et d’encourager davantage d’investissements.
Le temps de l’action
Au-delà des recommandations techniques, ces premiers États généraux consacrent surtout une avancée politique majeure : la reconnaissance des Postes et Télécommunications comme secteur stratégique de souveraineté, de croissance et d’intégration nationale. En réussissant à organiser ce forum inédit depuis l’indépendance, José Mpanda signe une réalisation d’envergure et pose les fondations d’une transformation durable.
L’enjeu, désormais, n’est plus de diagnostiquer, mais d’agir. Et sur ce point, le gouvernement est désormais attendu au tournant.
Jonas Eugène Kota

