La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé mardi à Kinshasa le segment politique de haut niveau consacré au financement durable de l’éducation, une étape clé dans la préparation de la future stratégie sectorielle 2026-2030 et dans la consolidation de la gratuité de l’enseignement primaire.

Organisée sous l’égide de la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la revue d’achèvement de la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF 2016-2025). Elle intervient à un moment charnière pour le système éducatif congolais.
Portée par la gratuité de l’enseignement primaire initiée par le Président Félix Tshisekedi, la décennie écoulée a permis une expansion sans précédent de l’accès à l’école, avec l’intégration de millions d’enfants supplémentaires dans le système éducatif.
Mais cette avancée a également révélé d’importantes fragilités structurelles : infrastructures insuffisantes, rémunération et encadrement limités des enseignants, faibles performances d’apprentissage et persistance des inégalités figurent parmi les principaux défis à relever.

« Comment financer durablement un système éducatif inclusif et de qualité ? », a interrogé Judith Suminwa Tuluka dans son allocution d’ouverture. Pour la Cheffe du Gouvernement, l’enjeu dépasse la seule mobilisation des ressources : il porte également sur leur efficacité, leur cohérence et leur orientation stratégique.
Le Gouvernement entend ainsi articuler son action autour de trois axes prioritaires : assurer la soutenabilité des réformes, en particulier celle de la gratuité ; orienter davantage les investissements vers la formation professionnelle, la recherche et l’innovation ; et diversifier les sources de financement, notamment à travers une implication accrue du secteur privé et des mécanismes innovants.
« L’éducation n’est pas seulement une priorité sociale ; c’est une condition de souveraineté, de stabilité et de transformation économique », a souligné la Première Ministre.
De son côté, Raïssa Malu a salué les acquis de la gratuité tout en appelant à une refonte de l’approche financière du secteur. « Financer l’éducation ne peut plus être seulement compris comme une dépense à couvrir. C’est un investissement à piloter », a-t-elle déclaré.
Les travaux porteront sur quatre priorités majeures : la consolidation de la gratuité et son extension progressive, l’amélioration de l’efficacité et de la redevabilité des financements, le renforcement de la formation professionnelle et de l’alphabétisation, ainsi que le soutien accru à la recherche, à l’innovation et aux compétences scientifiques.
À travers cette démarche, les autorités congolaises entendent jeter les bases d’un système éducatif plus performant, inclusif et résilient, capable de répondre aux exigences du développement national et de valoriser durablement le capital humain du pays.
JDW

