Mois de la femme : Judith Suminwa veut booster l’entrepreneuriat féminin des vendeuses de pagne

En plein mois dédié aux droits des femmes, les couleurs du wax ont envahi les salons du Pullman, transformant une rencontre professionnelle en vitrine éclatante de l’entrepreneuriat féminin congolais. Au centre de cette scène : les revendeuses de pagnes, actrices clés d’une économie populaire en pleine mutation, et la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, venue consacrer leur rôle stratégique.

Face à près de 150 commerçantes réunies à l’initiative de VLISCO, la cheffe du gouvernement a posé un diagnostic sur la problématique du commerce des pagnes longtemps relégué à l’informel mais qui constitue aujourd’hui une des voies d’autonomisation économique des femmes.

Dans une ambiance festive et engagée, ces femmes — distributrices, détaillantes, créatrices — ont incarné une réalité souvent sous-estimée : celle d’un secteur qui fait vivre des milliers de ménages et irrigue l’économie urbaine.

À travers le pagne, c’est tout un écosystème qui se dessine : commerce, mode, artisanat, transmission culturelle. Un univers où les femmes occupent toutes les fonctions, de la vente à la création de valeur.

La directrice générale de VLISCO, Edwine Endundo, n’a pas manqué de souligner la portée symbolique de la présence de Judith Suminwa : « Vous ouvrez une brèche immense (…) les plus hautes responsabilités deviennent accessibles à toutes les femmes. »

Formaliser pour grandir : le tournant stratégique

Au-delà de l’hommage, le message de la Première ministre s’est voulu structurant. Depuis 2024, son action vise à transformer les micro-activités féminines en véritables entreprises, capables de croître, d’accéder au financement et de s’inscrire dans la durée.

Dans ce schéma, la formalisation apparaît comme un passage obligé. « Si nous voulons alléger les taxes, nous devons aussi élargir la base des contribuables », a-t-elle insisté.

Un appel à sortir de l’informel, non comme contrainte, mais comme opportunité de consolidation économique.

Entre contraintes du terrain et réponses gouvernementales

Les commerçantes ont, sans détour, exposé les réalités qui freinent leur expansion : contrefaçons massives, pression fiscale jugée lourde, fermeture persistante du Grand Marché (Zando).

Sur ces points, Judith Suminwa a assuré d’un suivi gouvernemental, notamment en collaboration avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), pour assainir le climat des affaires et mieux réguler le secteur.

La lutte contre les faux pagnes, en particulier, a été également présentée comme un enjeu à la fois économique et culturel.

Mais dans un contexte national marqué par la crise sécuritaire à l’Est, la Première ministre a élargi le débat : l’activité économique des femmes participe aussi à l’effort national. « En payant vos taxes, vous contribuez à la sécurité et à la paix », a-t-elle rappelé, donnant à l’acte entrepreneurial une dimension citoyenne.

Inscrite dans la série d’activités du mois de mars dédié au genre, cette rencontre dépasse le simple cadre d’un événement sectoriel. Elle s’impose comme un signal politique : placer les femmes, et en particulier les commerçantes, au cœur de la transformation économique de la RDC.

Dans les étoffes colorées exposées ce jour-là, il n’y avait pas seulement des motifs. Il y avait une trajectoire : celle d’un entrepreneuriat féminin qui s’affirme, se structure et revendique désormais sa place dans l’économie nationale.

JDW

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