L’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) a officiellement lancé une nouvelle étape de son histoire. À l’occasion d’une cérémonie solennelle organisée dans son enceinte, la Rectrice, la professeure ordinaire Espérance Bayedila Bakanda Tshimungu, a présenté le plan stratégique quinquennal 2026-2030, une feuille de route qui ambitionne de transformer en profondeur cette institution spécialisée dans les sciences de l’information et de la communication.
Une première dans les annales de cette institution de plus de cinquante années d’existence, et même de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC.
Devant un parterre de membres du Gouvernement, d’autorités académiques, et de partenaires institutionnels, la Rectrice a exposé les contours d’un projet qu’elle veut à la fois structurant et opérationnel, inscrit dans la dynamique de réformes engagée depuis l’entrée en fonction du nouveau comité de gestion.
Objectif affiché : restaurer la crédibilité de l’université et la repositionner dans le paysage académique régional et international.

Une université à refonder
Au cœur du document stratégique : la volonté de rompre avec les dysfonctionnements du passé et d’engager l’UNISIC dans une trajectoire de modernisation durable. Le plan repose ainsi sur une transformation systémique de l’institution, articulée autour de plusieurs axes majeurs, à savoir : l’amélioration de la qualité de l’enseignement, la relance de la recherche scientifique, la modernisation des infrastructures et l’adaptation aux mutations numériques.

La Professeure Bayedila a insisté sur la nécessité de faire de cette université un véritable laboratoire d’innovation, où la formation théorique serait étroitement articulée à la pratique professionnelle. Une orientation qui vise à réduire le décalage souvent observé entre les enseignements académiques et les exigences du marché du travail.
Dans cette perspective, le développement de plateformes pédagogiques modernes, la numérisation des contenus d’enseignement et la création d’espaces d’expérimentation médiatique figurent parmi les priorités de son plan.
Former, produire et innover
Le plan met également l’accent sur la production scientifique. L’UNISIC entend renforcer ses capacités de recherche en encourageant la formation doctorale, la publication scientifique et la participation aux réseaux académiques internationaux. C’est ainsi que la Rectrice a insisté que chaque Assistant soit directement inscrit à l’école doctorale.
L’ambition est de « faire émerger une masse critique de chercheurs capables de produire des savoirs utiles à la compréhension des mutations contemporaines de la communication, qu’il s’agisse des médias numériques, de la désinformation ou encore des enjeux de gouvernance informationnelle ».
Parallèlement, le document prévoit de renforcer les liens entre l’université et les milieux professionnels, notamment les médias publics et privés, afin de favoriser l’employabilité des diplômés. Cette orientation a trouvé un écho particulier dans l’intervention du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, qui a plaidé pour un partenariat accru entre l’UNISIC, la Radio Télévision Nationale Congolaise et l’Agence congolaise de presse.
Il a notamment évoqué la mise en place d’un studio moderne de radio-télévision destiné à renforcer les compétences pratiques des étudiants.
Une dimension sociale assumée
Au-delà des enjeux académiques, le plan stratégique intègre une dimension sociale affirmée. L’inclusion des personnes vivant avec handicap y occupe une place centrale, avec la volonté de garantir un accès équitable à la formation universitaire.
Présente à la cérémonie, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo, a salué « un acte de naissance d’une nouvelle ère » pour l’UNISIC. Elle a insisté sur la nécessité de dépasser les logiques de « documents tiroirs » pour privilégier des résultats concrets et mesurables.
Selon elle, ce plan s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de valorisation du capital humain et de modernisation du système universitaire congolais.
Une ambition régionale et internationale
À travers cette feuille de route, l’UNISIC affiche une ambition audacieuse : redevenir une référence en Afrique centrale dans le domaine des sciences de l’information et de la communication, dans la continuité de son héritage historique.
Le plan stratégique prévoit ainsi un renforcement de la visibilité internationale de l’université, notamment par le développement de partenariats académiques, la participation à des projets de recherche transnationaux et l’accueil d’étudiants étrangers.
Le symbole d’un nouveau départ
Plus qu’un simple document programmatique, ce plan stratégique quinquennal apparaît comme le symbole d’un nouveau départ institutionnel. Il traduit la volonté du comité de gestion dirigé par la professeure Espérance Bayedila Bakanda Tshimungu d’insuffler une culture de gouvernance fondée sur la rigueur, la planification et l’innovation.
Reste désormais à transformer cette ambition en réalisations concrètes. Car, comme l’a rappelé la ministre Marie-Thérèse Sombo, c’est à l’épreuve des résultats que se mesurera la portée réelle de cette réforme.
Pour l’UNISIC, l’enjeu est de taille : réussir sa mue pour s’imposer comme un acteur central, e de référence, de la production des savoirs dans un monde où l’information et la communication sont devenues des leviers stratégiques de développement.
JEK

