Les États-Unis durcissent le ton face aux menaces qui pèsent sur le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Washington a annoncé l’imposition prochaine de restrictions de visas contre toute personne responsable de la poursuite de l’instabilité dans la région et tout acteur soupçonné de violer les engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
Dans une communication officielle ce 6 mars, le Département d’État des États-Unis affirme que certains responsables « continuent de soutenir le M23 » et de « violer les Accords de Washington », contribuant ainsi à l’escalade des violences dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon Washington, ces agissements compromettent non seulement les efforts de stabilisation mais aussi la sécurité de l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Des restrictions de visas pour les perturbateurs du processus de paix
Les mesures annoncées reposent sur la section 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act, qui autorise le secrétaire d’État américain à déclarer inadmissible toute personne dont l’entrée sur le territoire américain pourrait nuire à la politique étrangère des États-Unis.
En pratique, ces sanctions consistent en des restrictions de visas visant les personnes soupçonnées d’être impliquées, directement ou indirectement, dans des actions qui « sapent ou entravent une paix durable dans la région des Grands Lacs ». Certains membres de leur famille pourraient également être concernés par ces mesures.
Washington prévient que toute personne jugée responsable de violations du processus de paix « subira des conséquences », un message qui vise clairement les acteurs politiques ou militaires impliqués dans la poursuite des hostilités.
Rappel des engagements des parties
Les États-Unis rappellent que toutes les parties signataires des Accords de Washington doivent respecter leurs engagements. Cela inclut notamment, selon la position américaine, l’obligation pour la République démocratique du Congo de neutraliser immédiatement le groupe armé Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et ses groupes affiliés.
Dans le même temps, Washington demande au Rwanda de retirer ses troupes et son équipement militaire du territoire congolais, une exigence régulièrement formulée par plusieurs partenaires internationaux.
Pour les autorités américaines, ce n’est qu’à ces conditions que « l’immense potentiel économique de la région des Grands Lacs pourra se concrétiser ».
Des sanctions déjà prises contre l’armée rwandaise
Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans une série de décisions déjà prises par Washington ces derniers jours. Le 2 mars 2026, le Département du Trésor des États-Unis, via l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a imposé des sanctions financières contre la Rwanda Defence Force ainsi que contre quatre de ses hauts gradés. Parmi eux figurent le chef d’état-major de la défense Mubarakh Muganga, le chef d’état-major de l’armée de terre Vincent Nyakarundi, le commandant des forces spéciales Ruki Karusisi et le général de brigade Stanislas Gashugi.
Washington les accuse d’avoir apporté un soutien militaire, logistique et opérationnel aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), ainsi que de maintenir une présence militaire sur le territoire congolais.
Avec ces nouvelles restrictions de visas, les États-Unis semblent vouloir accentuer la pression diplomatique pour préserver le fragile processus de paix dans l’est de la RDC. En ciblant directement les responsables soupçonnés de compromettre les Accords de Washington, Washington entend envoyer un signal sans équivoque : toute tentative de sabotage du processus de stabilisation dans la région des Grands Lacs pourrait désormais entraîner des sanctions personnelles, financières ou diplomatiques.
Albert Osako

