De Nelspruit au Cap, en passant par les grandes salles feutrées de la finance africaine, le ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a multiplié les rencontres stratégiques au pays de Nelson Mandela. Objectif : mobiliser des partenariats techniques et financiers pour accélérer la modernisation des infrastructures en République démocratique du Congo.
Au terme, ce jeudi, d’un séjour dense et rythmé, John Banza repart avec des engagements renforcés, des pistes de financement concrètes et une coopération institutionnelle élargie. Un véritable slalom diplomatique et économique que le ministre qualifie lui-même de « décisif pour la transformation infrastructurelle du pays ».
Une mission officielle sous le sceau de la relance
Arrivé le 21 février 2026 à l’aéroport international Kruger Mpumalanga, à Nelspruit, John Banza Lunda a entamé une mission officielle placée sous le signe de la « croisade infrastructurelle », conformément à la vision du président Félix Tshisekedi.
Au programme :Réunions avec des fournisseurs d’équipements en génie civil ; séances techniques pour finaliser le déploiement d’équipements destinés à la RDC ; rencontres avec de grands opérateurs du secteur ; concertations financières de haut niveau, etc.
Ambition affichée : doter la RDC d’infrastructures à la hauteur de son potentiel continental.
Cape Town : la RDC au cœur de la finance africaine

Point culminant du séjour : la participation à la 2e édition de la conférence sur les marchés africains organisée par Standard Bank (Corporate & Investment Banking) à Cape Town, sous le thème : « Mobilising Global Capital at Scale ».
Cette grand-messe financière a réuni investisseurs internationaux, décideurs publics, régulateurs et acteurs bancaires autour d’un enjeu central : mobiliser des capitaux massifs pour financer les infrastructures, l’énergie, le numérique et les marchés de capitaux africains.

La délégation congolaise — comprenant notamment des représentants de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), du Fonds national d’entretien routier (FONER), de l’Office de voirie et drainage (OVD) et de l’Office des routes (OR) — y a défendu les priorités stratégiques de Kinshasa.
Infrastructures et développement durable : convergence avec Ban Ki-moon

En marge des travaux, le ministre a pris part à une séance de travail remarquée avec Ban Ki-moon, ancien secrétaire général des Nations unies (2007-2016), en présence des responsables de Standard Bank.
Au centre des discussions : le rôle structurant des infrastructures dans le développement durable.
« Les infrastructures font partie du dispositif du développement durable, sinon le pilier de ce dernier », a déclaré John Banza Lunda.
Pour le ministre, la présence de Ban Ki-moon constitue une « caution morale internationale » susceptible d’influencer favorablement les dynamiques de financement. La rencontre a permis d’explorer les mécanismes par lesquels le secteur bancaire pourrait appuyer plus massivement les projets africains, notamment en RDC.
Standard Bank – RDC : vers des solutions financières concrètes
Une nouvelle réunion formelle avec la hiérarchie de Standard Bank est venue consolider le partenariat. Les échanges ont porté sur l’examen approfondi des projets prioritaires d’infrastructures en RDC, l’harmonisation des mécanismes de collaboration ainsi que a structuration des financements en coordination avec le ministère congolais des Finances.
Selon le ministre, « ce géant africain dispose de l’expertise et de l’expérience nécessaires » et a déjà accompagné plusieurs pays du continent dans la résolution de problématiques similaires.
Solola Kayode, Head of Global Markets Africa au sein du groupe, a réaffirmé l’engagement de la banque : présente en RDC depuis plus de 30 ans, l’institution considère le pays comme stratégique dans sa vision africaine.
Une délégation de Standard Bank est attendue à Kinshasa afin de poursuivre les discussions techniques.
Coopération urbaine : Cape Town inspire Kinshasa
Le 24 février, John Banza Lunda a été reçu par le maire de Cape Town, Geordin Hill-Lewis.L’objectif : s’imprégner du modèle sud-africain en matière d’infrastructures urbaines.
Parmi les points d’intérêt : l’organisation institutionnelle du secteur ; les systèmes de drainage et de gestion des équipements ; les standards de construction des bâtiments publics.
Le maire du Cap a adressé une invitation officielle au gouverneur de Kinshasa afin d’explorer des pistes de coopération directe entre les deux métropoles.
Pour le ministre, « les grandes villes constituent les piliers du pays », d’où la nécessité de renforcer les échanges d’expériences.
Une stratégie continentale assumée
Ce déplacement en Afrique du Sud illustre la nouvelle orientation diplomatique et économique de la RDC : rechercher des solutions africaines à des défis africains, tout en mobilisant le capital international. Dans un contexte où la durabilité de la dette souveraine, le commerce intra-africain et la mobilisation de capitaux privés dominent les débats, Kinshasa entend donc passer du stade des ambitions à celui de l’exécution.
À travers ce séjour sud-africain, John Banza Lunda aura ainsi combiné diplomatie financière, prospection industrielle et coopération institutionnelle. Un slalom stratégique qui pourrait marquer un tournant dans la quête de modernisation des infrastructures congolaises.
JEK

