La capitale congolaise tient désormais un calendrier précis pour l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux de son histoire récente. L’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) annonce la mise en service de la première ligne du tramway de Kinshasa pour le 27 novembre 2027, à l’issue d’une réunion stratégique tenue le 14 février 2026 à Rotterdam, aux Pays-Bas.
Cette échéance a été formellement fixée lors d’une rencontre entre le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, et le « Consortium Tramways Kinshasa » conduit par Jean-Pierre Van Erps.
Une étape décisive franchie aux Pays-Bas
Au cours de la réunion, le ministre a remis en main propre l’original de l’Accord de principe signé le 8 octobre 2025, marquant le soutien officiel du gouvernement au projet et l’entrée dans la phase opérationnelle.
Le document ouvre la voie à la structuration contractuelle en Partenariat public-privé (PPP) et à la préparation du lancement effectif des travaux.
Pour les autorités, le tramway constitue un projet structurant destiné à désengorger durablement Kinshasa ; moderniser les infrastructures urbaines ; lutter contre les inondations chroniques et améliorer la qualité de vie des habitants.
Le gouvernement a exigé un chronogramme consolidé et juridiquement sécurisé afin de garantir le respect de la date de novembre 2027.
Un projet d’ingénierie urbaine inédit
Les études techniques présentées lors de la réunion révèlent l’ampleur du chantier. Plus de 60 ingénieurs spécialisés ont déjà travaillé à Kinshasa sur la base des plans historiques de la ville.
Parmi les conclusions majeures : construction d’environ 173 ponts entre le centre-ville et l’aéroport de Ndjili ; intégration de systèmes de drainage et de récupération des eaux pluviales ; redistribution d’eau traitée vers certains quartiers ; infrastructures conçues pour résister aux inondations.
Le tramway ne sera donc pas seulement un moyen de transport, mais un outil de réorganisation hydraulique et urbaine.
Sept lignes et une transformation de la capitale
Le programme global prévoit 7 lignes modernes de tramway ; des voies hybrides préfabriquées ; des solutions énergétiques durables ; la modernisation des axes routiers ainsi qu’un dispositif permanent de lutte contre les érosions et inondations.
Selon l’ACGT, qui livre l’information sur ses plateformes de Communication, il s’agit d’un projet de transformation urbaine intégrée mêlant mobilité, aménagement du territoire et adaptation climatique.
Accélération des préparatifs, l’ACGT pivot

À l’issue des échanges, l’ACGT a reçu plusieurs instructions et missions, notamment d’assurer la coordination technique nationale ; finaliser le programme consolidé ; préparer les documents pour la signature rapide du contrat PPP ; accélérer les procédures pré-travaux, etc.
Le point focal du projet, Me Sonny Ngandu, poursuit les travaux techniques en Europe afin de verrouiller les aspects contractuels.
Une promesse politique majeure
Pour le gouvernement, l’échéance du 27 novembre 2027 constitue un engagement direct vis-à-vis de la population kinoise, confrontée quotidiennement à une congestion routière chronique. La réunion de Rotterdam marque ainsi le passage d’un projet longtemps annoncé à une phase d’exécution concrète : si le calendrier est respecté, Kinshasa renouera dans moins de deux ans avec le transport urbain sur rail — près de sept décennies après la disparition des anciens systèmes de transport collectif structuré de la capitale.
JDW

