La RDC à Davos : les debriefings de Julien Paluku

La participation de la République démocratique du Congo au Forum économique mondial 2026 se poursuit avec une intensité diplomatique et stratégique remarquable. Au cœur de la délégation congolaise, le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, l’un des piliers du dispositif gouvernemental engagé à Davos, participe activement au programme de sa délégation et multiplie panels, échanges de haut niveau et sessions de prospective économique.

Et en chaque fin de journée, il produit des debriefings qui font revivre l’offensive congolaise.

Acte III : Un dialogue stratégique autour du Président Tshisekedi

La troisième journée du Forum a été dominée par un atelier de haut niveau réunissant le Président Félix-Antoine Tshisekedi et plusieurs décideurs mondiaux clés. Sous la coordination du Commissaire européen aux Partenariats internationaux, Jozef Síkela, ce rendez-vous a servi de plateforme pour redéfinir les relations économiques entre l’Afrique et ses partenaires.

1. Transformation locale : la rupture avec l’ancien modèle extractif – Les échanges ont mis en avant l’urgence d’abandonner les logiques d’exportation brute des ressources au profit d’une industrialisation sur le continent. L’objectif : faire de la création de valeur ajoutée un axe non négociable de la coopération internationale.

Une approche qui rejoint les efforts de la RDC pour renforcer son industrie locale, dynamiser ses chaînes de valeur et s’insérer durablement dans l’économie mondiale.

2. Le Corridor de Lobito au centre de l’intégration régionale – Le Corridor de Lobito, infrastructure stratégique reliant l’océan Atlantique aux régions minières d’Afrique centrale, a été analysé comme un moteur potentiel de transformation structurelle.

Loin d’être un simple projet de transport, il est désormais perçu comme un outil d’intégration régionale, capable de stimuler les échanges, d’attirer les investissements et de faciliter la circulation des biens entre les économies du bloc régional.

3. Capital humain : l’excellence comme boussole nationale – Le Président Tshisekedi a rappelé un préalable essentiel : sans compétences adaptées, aucune infrastructure ne garantit la prospérité. « L’avenir ne sera pas donné aux personnes non préparées », a-t-il martelé, soulignant la nécessité d’un alignement strict entre la formation de la jeunesse et les besoins de l’économie industrielle, technologique et énergétique.

Acte IV : Penser la souveraineté économique africaine

La soirée du 22 janvier a été consacrée à une session stratégique intitulée « Defining the Sovereign Future », à laquelle Julien Paluku a pris part au nom du Chef de l’État.

Autour de leaders africains et internationaux — dont le Président du Ghana Dramani Mahama, le Vice-Président du Nigéria Kashim Shettima, le Premier ministre papou James Marape, l’ex-Président Olusegun Obasanjo et plusieurs dirigeants d’institutions financières — un brainstorming intense a eu lieu.

Un diagnostic sévère, mais porteur d’avenirLes participants ont examiné sans détour les systèmes de gouvernance qui freinent encore le continent : corruption, absence de planification stratégique, dépendance excessive aux partenaires extérieurs.

L’objectif : définir les fondations d’une souveraineté économique réelle, basée sur la rigueur, l’innovation et la bonne gestion.

Les cinq prochaines années : la décennie du sursaut – Un consensus s’est imposé : l’Afrique doit produire une élite nouvelle, disciplinée, capable de rompre définitivement avec les pratiques qui entravent son développement.

Une conclusion a particulièrement marqué les esprits :« L’Afrique ne doit pas paraître sombre comme un diamant. »

Une invitation à révéler pleinement la valeur du continent, encore trop souvent sous-estimée ou sous-exploitée.

Julien Paluku à Davos : plaidoyer, panels et stratégie

En tant que Ministre du Commerce extérieur et figure centrale de la délégation congolaise, Julien Paluku s’est illustré dans plusieurs panels consacrés à la prospérité africaine dans l’économie émergente, à la coopération sud-sud et à l’intégration du continent dans les chaînes de valeur technologiques.

Il a porté une vision économique cohérente :

  • promouvoir la co-industrialisation entre pays du Sud ;
  • encourager la transformation locale des ressources ;
  • mobiliser les financements africains, notamment les 800 milliards USD des fonds de pension ;
  • défendre un commerce multilatéral sécurisé pour la RDC.

Son rôle à Davos s’inscrit ainsi dans la stratégie globale du gouvernement visant à repositionner la RDC comme acteur économique majeur, moteur de stabilité et partenaire de long terme dans la transition mondiale.

JEK

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