
Invité aux Conférences annuelles du Service public organisées par le ministère de la Fonction publique, le ministre du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, est revenu mercredi à Kinshasa sur l’expérience provinciale de financement des infrastructures routières par partenariat public-privé.
Intervenant sur le thème « Modèle de financement des infrastructures provinciales par le partenariat provinces-secteur privé : cas du Nord-Kivu », il a détaillé les mécanismes mis en place durant ses douze années à la tête de la province, ayant conduit à la modernisation des voiries urbaines à Goma, Butembo et Beni, ainsi qu’à l’entretien des routes de desserte agricole.

Selon lui, deux outils ont structuré ce modèle : la création d’une taxe conventionnelle sur les produits pétroliers destinée à financer la voirie, et l’affectation d’attributaires pour assurer l’entretien des routes. L’ouverture d’un compte séquestre géré par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et l’incitation faite aux opérateurs économiques de créer des entreprises de construction ont, d’après lui, permis d’engager des chantiers sous contrôle du gouvernement provincial.
Julien Paluku a invité d’autres provinces, notamment Kinshasa, à s’inspirer de cette approche qu’il présente comme un levier de développement dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays. Il a plaidé pour des stratégies fiscales « concrètes et réalistes » fondées sur l’impôt sur le revenu locatif, l’impôt foncier et la vignette automobile, en soulignant l’importance de la numérisation afin d’assurer un effet tangible sur le terrain et de renforcer l’adhésion des contribuables.
Le ministre a également insisté sur la continuité de l’action publique, estimant que la stabilité administrative conditionne l’efficacité des réformes engagées au niveau national et provincial.
A.O

