Climat : La RDC et le PNUE scellent une alliance stratégique à Nairobi

Une rencontre de haut niveau entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) pourrait marquer un tournant décisif pour la protection des écosystèmes vitaux de l’Afrique centrale. Ce lundi 8 décembre, le Professeur Marie Nyange Ndambo, Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat de la RDC, et Inger Andersen, Directrice Exécutive du PNUE, ont tenu des discussions bilatérales fructueuses au siège du PNUE à Nairobi. Les échanges ont placé la RDC, avec ses atouts environnementaux exceptionnels, au cœur de la stratégie mondiale pour l’équilibre climatique.

La Ministre a rappelé le poids géostratégique de son pays : plus de 60% des forêts du bassin du Congo, plus de 50% des réserves d’eau douce du continent, une biodiversité inégalée et d’immenses tourbières couvrant plus de 100 000 km².

« La RDC n’est pas seulement un pays ; c’est un pilier de la résilience climatique mondiale », a-t-elle souligné.

Des engagements financiers et opérationnels concrets

Les discussions ont abouti à plusieurs décisions importantes :

1. Accès prioritaire aux fonds internationaux : Andersen a garanti que la RDC serait parmi les premiers bénéficiaires du mécanisme financier Tropical Forest Forever Facility (TFFF), une initiative majeure pour la protection permanente des forêts tropicales, dès la disponibilité des fonds. Le PNUE appuiera également la RDC dans l’initiative sur les tourbières tropicales, qu’elle mène avec l’Indonésie.

2. Déblocage imminent du GEF-7 : Un point de tension a été levé. La Directrice Exécutive s’est engagée à lever la suspension du programme GEF-7 avant Noël, sous réserve de la réception des derniers documents administratifs, relançant ainsi des financements cruciaux.

3. Audit et transparence : Répondant à une demande de la Ministre, le PNUE enverra une mission d’audit de trois experts à Kinshasa du 15 au 18 décembre pour examiner la gestion du Fonds National REDD+ (FONAREDD), renforçant ainsi la gouvernance climatique.

4. Perspectives pour le GEF-9 : La Ministre a sollicité un soutien accru pour le futur cycle GEF-9. Andersen a confirmé la pleine mobilisation des équipes du PNUE (adaptation, biodiversité, pollution) pour aider la RDC à maximiser ses allocations et attirer des financements multipartites.

Les projets nationaux congolais sous les projecteurs

La réunion a aussi été l’occasion pour la RDC de présenter ses initiatives phares : le colossal Couloir Vert Kivu-Kinshasa (protégeant plus de 500 000 km² de forêts) et le programme de sensibilisation « La Forêt c’est Nous ». Madame Andersen y a vu un potentiel immense et a suggéré d’utiliser une partie des fonds du GEF-9 pour les consolider, notamment afin de lever jusqu’à 40 millions d’euros de l’Union Européenne. « Ces projets sont essentiels pour l’adaptation, la biodiversité et la création d’emplois verts », a-t-elle affirmé.

Une collaboration réaffirmée

La Ministre Nyange Ndambo a, de son côté, pris acte du retard dans la contribution annuelle de la RDC au Fonds pour l’Environnement du PNUE (10 000 USD) et s’est engagée à régulariser la situation dès début 2026.

Cette rencontre à Nairobi semble avoir relancé et dynamisé le partenariat RDC-PNUE sur des bases opérationnelles et financières plus solides. Elle consolide le rôle de la RDC comme un acteur majeur et incontournable des négociations environnementales, passant du statut de « poumon vert » à celui de partenaire stratégique actif dans la gouvernance climatique mondiale. La concrétisation rapide de ces engagements sera désormais observée par toute la communauté internationale.

Yan Manu

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