À peine l’accord de Washington entériné, les FARDC dénoncent des bombardements rwandais vers Uvira

Alors que l’encre de l’accord de paix signé jeudi 4 décembre à Washington sous l’égide de l’United States Institute of Peace (USIP) est à peine sèche, la région des Grands Lacs est déjà secouée par de nouvelles violences. Les FARDC ont publié samedi un communiqué accusant l’armée rwandaise et le groupe AFC/M23 d’avoir mené, depuis le Rwanda, des bombardements d’artillerie visant des zones civiles congolaises dans la plaine de la Ruzizi, sur l’axe Kamanyola-Uvira.

Selon l’état-major général de l’armée congolaise, ces frappes, intervenues à partir de Bugarama au Rwanda, ont fait plusieurs victimes civiles et endommagé des écoles, des centres de santé et des habitations. « La situation est grave et le crime est odieux », peut-on lire dans le communiqué n°36 du 6 décembre, qui qualifie ces actes de « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

Ces accusations interviennent deux jours seulement après l’entérinement par les présidents Tshisekedi et Kagame, sous les auspices du président américain et de plusieurs témoins internationaux, d’un accord censé ouvrir une nouvelle ère de désescalade dans l’Est de la RDC. L’accord de Washington prévoit notamment un cessez-le-feu immédiat, le retrait progressif des forces étrangères et des groupes armés des zones disputées, et la protection des populations civiles. Il engage également les parties à renoncer à toute action militaire offensive et à respecter le droit international humanitaire.

« Ces bombardements démontrent incontestablement la posture de Kigali, déterminé à narguer la communauté internationale et à saboter tout processus de paix », dénonce le porte-parole des FARDC, le Général Major Sylvain Ekenge Bomusa Eromi. L’armée congolaise affirme avoir déposé une première plainte officielle auprès des mécanismes de suivi de l’accord et d’instances internationales, réclamant une enquête indépendante sur ces violations.

De son côté, le gouvernement rwandais n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations. Les observateurs régionaux s’inquiètent de cette reprise rapide des hostilités, qui met à l’épreuve la crédibilité du cadre de paix américain et la volonté des signataires de mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de trois décennies.

Les FARDC assurent toutefois rester « farouchement déterminées à assurer la protection des populations, quoi qu’il en coûte ». La balle est désormais dans le camp des garants de l’accord, dont les États-Unis, qui devront montrer leur capacité à faire respecter les engagements qu’ils ont parrainés.

JDW

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