Historique, cette annonce qui vient bouleverser le silence diplomatique entourant les atrocités commises en République démocratique du Congo depuis plus de trois décennies ! À la 85ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), tenue à Banjul du 17 au 19 octobre 2025, l’Union africaine a officiellement reconnu la réalité du génocide perpétré sur le sol congolais. Une étape décisive dans la quête de vérité, de justice et de mémoire que mène le peuple congolais depuis des années.
Ce lundi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu, à la Primature, le Ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, accompagné des délégations de la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) et du Fonds national des réparations des victimes sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
Objectif : lui présenter les résolutions historiques issues de cette session ainsi que les conclusions du Forum des ONG, organisé en marge de la rencontre continentale.
Une reconnaissance africaine du génocide congolais
Dans son rapport, le Ministre Mbemba a souligné la ferme condamnation par la CADHP des violations massives et systématiques des droits humains en RDC, qualifiées de crimes internationaux et de génocide, commis par des acteurs tant étatiques que non étatiques.
Le Forum des ONG, pour sa part, a acté une reconnaissance sans équivoque des actes de génocide commis contre certaines communautés congolaises dans les provinces de l’Est, tout en appelant à une mobilisation continentale pour mettre fin à l’impunité.
Les ONG africaines ont exhorté la RDC à créer, en partenariat avec l’Union africaine et les Nations Unies, une juridiction spéciale chargée de poursuivre les auteurs et commanditaires de ces crimes odieux, tout en renforçant la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI).
« Une victoire morale pour le Congo et pour l’Afrique »
Recevant officiellement les documents de résolution, Judith Suminwa a exprimé sa satisfaction et sa gratitude envers les instances africaines :
« Cette reconnaissance par nos pairs africains est une victoire morale pour le peuple congolais. Elle consacre des décennies de lutte pour la vérité et la justice. Le sang congolais ne sera plus versé dans l’indifférence », a-t-elle déclaré.
La Cheffe du Gouvernement a réaffirmé la détermination du Président Félix Tshisekedi et de son équipe à obtenir justice pour les victimes et à accélérer la mise en place du mécanisme national de réparation, tout en appelant à une mobilisation internationale sans équivoque pour soutenir les efforts de paix et de reconstruction.
Une situation humanitaire à la limite de l’insoutenable
Le rapport de la CADHP rappelle l’ampleur de la tragédie : plus de 9.000 morts, 700.000 réfugiés au Burundi et en Ouganda, 7 millions de déplacés internes, et plus de 11.000 cas documentés de violences sexuelles basées sur le genre au Sud-Kivu seulement.
Des chiffres vertigineux qui traduisent l’urgence d’une réponse globale, structurée et concertée.
Cette reconnaissance par l’Union africaine vient mettre fin à des décennies de déni et de silence coupable autour des crimes qui ont dévasté le Congo et endeuillé des millions de familles. Elle ouvre également la voie à une reconfiguration des rapports diplomatiques et judiciaires sur le continent, où la question de la responsabilité des États et des groupes armés devient désormais incontournable.
Un plaidoyer qui porte enfin ses fruits
Sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, la Première Ministre a multiplié, ces derniers mois, les missions diplomatiques à travers l’Afrique et le monde, portant avec conviction le dossier du génocide congolais devant les instances internationales.
La reconnaissance de la CADHP constitue aujourd’hui un jalon historique, mais aussi un signal fort adressé aux Nations Unies et à la communauté internationale, longtemps accusées d’inaction face à l’ampleur des crimes commis.
« Le temps de l’impunité est révolu. Le monde doit désormais regarder la vérité en face », a insisté Judith Suminwa, concluant sur un ton de gravité et d’espoir.
Cette reconnaissance par l’Union africaine consacre le combat de tout un peuple et repositionne la RDC au cœur des débats sur la justice internationale et la mémoire africaine.
Le Congo ne pleure plus seul. L’Afrique, désormais, reconnaît sa douleur.
JEK

