En mission officielle dans la province chinoise du Zhejiang, le vice-Premier ministre et ministre congolais de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a lancé un appel fort aux investisseurs chinois : bâtir une coopération économique « fondée sur la création de valeur et la prospérité partagée », loin du modèle purement extractif qui a longtemps dominé les relations entre la Chine et l’Afrique. Une économie congolaise résiliente malgré les tensions.
S’exprimant le 7 novembre 2025 à l’hôtel Marriott de Jinhua, lors d’un panel consacré aux opportunités d’investissement en République démocratique du Congo (RDC), Daniel Mukoko Samba a tenu à rassurer ses interlocuteurs sur la stabilité macroéconomique du pays. « Malgré les défis sécuritaires à l’est, la RDC a maintenu une croissance positive de son PIB ces dernières années et préserve les fondamentaux d’une économie résiliente », a-t-il déclaré.
Le vice-Premier ministre a salué la confiance renouvelée des investisseurs asiatiques et insisté sur la visibilité accrue des réformes économiques engagées par le gouvernement congolais sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Passer d’une économie extractive à une économie productive
Au-delà des garanties macroéconomiques, Mukoko Samba a plaidé pour un partenariat transformateur qui intègre la RDC dans les chaînes de valeur mondiales. « Les investissements chinois doivent aller au-delà de la logique d’extraction. Ils doivent favoriser la production locale, le transfert de compétences et la montée en gamme de notre appareil industriel », a-t-il souligné.
Le ministre congolais a rappelé que son pays regorge de ressources naturelles — cuivre, cobalt, lithium, or — mais que la priorité du gouvernement est désormais de les transformer localement afin de générer des emplois durables et une prospérité partagée.
Une jeunesse, moteur du marché du futur
Présentant la RDC comme un marché d’avenir, Mukoko Samba a insisté sur la force de sa démographie. « La jeunesse de notre population fait de la RDC l’un des rares pays au monde qui, jusqu’en 2100, comptera encore plus de 30 % de jeunes. C’est à la fois une main-d’œuvre dynamique et un vaste marché de consommateurs », a-t-il expliqué.
Selon lui, cet atout démographique confère à la RDC un rôle stratégique dans la relance économique africaine et dans les ambitions industrielles du continent, en phase avec les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Renforcer un partenariat historique
En marge du Forum sino-africain sur la coopération économique, commerciale et culturelle (FOCAF 2025), Daniel Mukoko Samba a rencontré Wang Cheng, vice-secrétaire du Comité provincial du Parti communiste chinois pour le Zhejiang. Les deux responsables ont salué la profondeur historique du partenariat sino-congolais, axé sur les infrastructures, les mines et désormais sur le développement urbain — notamment à travers le projet d’extension de la ville de Kinshasa. « La coopération entre la RDC et la Chine ne doit plus se limiter au transfert de technologies. Elle doit devenir un véritable levier de modernisation sociale et économique », a ajouté Mukoko Samba, évoquant la nécessité de renforcer les échanges directs entre entrepreneurs, étudiants et jeunes leaders des deux pays.
Vers une coopération africaine plus intégrée
Le ministre congolais a enfin replacé cette dynamique dans une perspective continentale. Pour lui, l’Afrique entre dans une phase charnière de transformation économique, marquée par la volonté de bâtir des industries régionales compétitives et de valoriser les ressources locales.
« La Ce forum arrive à un moment stratégique pour l’Afrique. L’avenir de notre coopération avec la Chine dépendra de notre capacité à créer ensemble de la valeur durable, au service de nos peuples », a-t-il conclu sous les applaudissements de l’auditoire.
Entre ambitions de diversification, réformes économiques et stabilité macroéconomique relative, la RDC se positionne plus que jamais comme une destination stratégique pour les capitaux étrangers en Afrique centrale. Le discours de Daniel Mukoko Samba à Jinhua marque ainsi une étape supplémentaire dans la volonté de Kinshasa de reconfigurer ses partenariats économiques
JEK

