L’incident survenu récemment à l’aéroport international de N’djili – une coupure d’électricité ayant empêché l’avion présidentiel d’atterrir, suivie d’une nouvelle panne juste après le décollage du chef de l’État pour New York – illustre avec acuité la fragilité des infrastructures aéroportuaires congolaises. Pourtant, une solution existe déjà : la Régie des voies aériennes (RVA) a signé, depuis 2021, un contrat avec Westminster Group plc, société britannique spécialisée dans la sûreté aéroportuaire, qui n’attend plus que le feu vert de la partie congolaise pour entrer en activité.
Patrick Sakameso, représentant Afrique francophone de Westminster, rappelle que l’entreprise est officiellement installée en RDC depuis juin 2021, conformément aux clauses du contrat. « Nous avons respecté toutes les étapes préalables : création d’une société de droit congolais, visites officielles, état des lieux des aéroports, analyses techniques et rapports remis aux autorités », précise-t-il. Plusieurs interventions ont même déjà été réalisées à titre gracieux, comme la réparation d’un scanner et le diagnostic d’équipements défectueux lors d’une mission en 2021.
Une expertise internationale déjà éprouvée
Cotée à la Bourse de Londres et présente dans plus de 50 pays, Westminster est un partenaire stratégique reconnu de l’IATA et de l’OACI. L’entreprise gère des opérations similaires en Afrique de l’Ouest, notamment en Sierra Leone, où l’aéroport de Freetown est en cours de certification internationale grâce à son expertise. « La sûreté aéroportuaire est notre cœur de métier. Pour Westminster, l’échec n’est pas une option », affirme Sakameso.
Le blocage du côté congolais
Si les travaux de préparation sont achevés, la mise en œuvre opérationnelle du partenariat avec la RVA dépend désormais des validations officielles et de l’autorisation finale des autorités congolaises. « Nous disposons de l’expérience et de la capacité financière pour assurer la sûreté de nos aéroports. Le contrat prévoit un modèle durable de gestion et de financement, basé sur la redevance de sûreté perçue sur les billets d’avion », explique le représentant.
Le sort du personnel de la RVA garanti
Interrogé sur les rumeurs selon lesquelles Westminster viendrait remplacer les agents de la RVA, Sakameso dément catégoriquement. « L’avenir du personnel est garanti par le contrat. Ils seront mis en détachement auprès de Westminster, tout en conservant leurs acquis et salaires. Leur formation sera renforcée et leur bien-être assuré. Nous ne venons pas prendre la place de la RVA, mais travailler sous sa coordination et sous le contrôle de l’Autorité de l’aviation civile. »
Des équivoques entretenues
Quant aux accusations de collusion supposée avec le Rwanda qui feraient hésiter les autorités congolaises, Sakameso se montre ferme : « Ces rumeurs ne reflètent pas la réalité. Le Royaume-Uni, pays d’origine de Westminster, a condamné l’agression contre la RDC et réaffirmé son attachement au respect de sa souveraineté. Ces insinuations ne servent qu’à brouiller le débat et à freiner les réformes indispensables. »
Alors que la RDC s’efforce de renforcer sa crédibilité internationale et de sécuriser ses infrastructures stratégiques, la mise en œuvre rapide de ce partenariat pourrait constituer un tournant décisif pour la sûreté aérienne du pays. Westminster, de son côté, affirme être prête à agir sans délai.
JDW

