RDC – Climat des affaires : Mukoko Samba organise une réflexion pour diversifier l’économie

La République démocratique du Congo tente d’envoyer un signal fort aux investisseurs et au secteur privé. Lors d’une rencontre organisée ce mardi à l’hôtel Béatrice à Kinshasa, le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a lancé une réflexion de fond sur l’amélioration du climat des affaires afin de favoriser la diversification économique.

Les échanges, organisés autour du thème « Gouvernance économique et amélioration du climat des affaires », ont donné la parole à plusieurs figures du monde des affaires congolais. John Mwenda, Directeur général de Premium Food, a ouvert le bal en évoquant la délicate question de l’encadrement des prix et du contrôle économique. Il a notamment dénoncé l’effet déstabilisateur de la contrebande alimentée par la porosité des frontières, appelant à un renforcement des mécanismes de régulation.

Dans le secteur des hydrocarbures, Ali Mamina, responsable de Lerexcom Petroleum, a insisté sur la nécessité de revoir la taxe d’agrément imposée aux prestataires de services, jugée trop lourde et dissuasive pour l’investissement dans une filière pourtant stratégique.

La représentante du Directeur général de Bralima, Catherine Bucumi, a, pour sa part, mis en lumière l’impact des Zones économiques spéciales (ZES) sur l’industrialisation locale. Selon elle, ces zones ne pourront réellement jouer leur rôle moteur que si elles s’accompagnent d’incitations claires à la production nationale et d’une meilleure intégration avec le tissu industriel existant.

Enfin, Suzanne Tumba Kanku, Directrice générale de Quantum Vertex, a défendu la protection de l’exclusivité du petit commerce réservé aux Congolais. Elle a également souligné l’urgence de formaliser une économie informelle qui représente encore une large part des activités génératrices de revenus, mais qui échappe aux filets fiscaux et réglementaires.

Diversifier l’économie : une priorité politique

Face à ces préoccupations, Daniel Mukoko Samba a reconnu que la diversification de l’économie congolaise demeure l’un des plus grands défis du pays. « Diversifier une économie, c’est facile à dire mais difficile à réaliser », a-t-il souligné, avant de rappeler que le gouvernement s’efforce de limiter les exportations de matières premières brutes et de réduire la dépendance aux importations de biens de première nécessité.Il a, par ailleurs, annoncé la fin du moratoire autorisant les étrangers à exercer dans le petit commerce, avec la promesse d’une nouvelle loi visant à réserver ce secteur aux nationaux, afin de renforcer la compétitivité des entrepreneurs locaux.

Trois priorités fixées par la présidence

Le Vice-Premier ministre a aussi réaffirmé les trois missions prioritaires qui lui ont été confiées par le président Félix Tshisekedi :

1. Lutter contre la vie chère,

2. Relancer la production locale,

3. Formaliser l’économie informelle.

Réactions du patronat, dynamique à élargir

Au nom des associations patronales, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a salué l’initiative de ce dialogue permanent. Selon son représentant, cette démarche renforcera la collaboration entre le gouvernement et le secteur privé, condition indispensable pour bâtir un climat des affaires compétitif et crédible aux yeux des investisseurs internationaux.

En conclusion, Mukoko Samba a promis d’associer d’autres membres du gouvernement à cette dynamique, afin d’intégrer les réformes économiques dans une approche transversale et durable.

En attendant, on peut noter que cette initiative pourrait contribuer à améliorer la perception de la RDC dans les classements internationaux de compétitivité – à condition que les réformes annoncées se traduisent rapidement en actions concrètes.

JEK

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