RDC-Belgique : au Parlement bruxellois, John Banza Lunda plaide pour des partenariats d’affaires dans les infrastructures

Face aux élus du Parlement bruxellois, le ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a voulu déplacer le regard porté sur la République démocratique du Congo : de la perception d’un pays à risques vers celle d’un marché en transformation, où les besoins d’infrastructures ouvrent aussi des perspectives de coopération et d’investissement.

Reçu lundi au Parlement bruxellois par son président, Bertin Mampaka, le ministre a plaidé pour que les liens historiques entre la Belgique et la RDC trouvent désormais une traduction plus concrète dans les échanges économiques. Son message : la reconstruction congolaise doit pouvoir compter sur les entreprises belges, leur expertise et leur capacité à nouer des partenariats de long terme.

« Nous n’avons pas un paradis, mais nous n’avons pas un enfer non plus »

Dans son plaidoyer, John Banza Lunda a notamment insisté sur la nécessité de renouveler la perception de la RDC auprès des milieux économiques belges.

Le ministre n’a pas éludé la question du climat des affaires, résumant sa position par une formule : « Nous n’avons pas un paradis, mais nous n’avons pas un enfer non plus. »

Une manière de reconnaître les contraintes qui subsistent tout en invitant les investisseurs à considérer également les opportunités offertes par un pays engagé dans d’importants programmes d’infrastructures.

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés récemment entre le ministère des ITP et les milieux économiques belges. Le 11 septembre, en effet, John Banza Lunda avait déjà rencontré à Kinshasa la chargée d’affaires a.i. de Belgique, Stéphanie Melis, ainsi que plusieurs entreprises belges, autour des possibilités de partenariats économiques et techniques.

Les infrastructures comme porte d’entrée du partenariat

Devant les parlementaires bruxellois, le ministre a présenté la modernisation des infrastructures comme l’un des marqueurs de la dynamique engagée sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

L’objectif poursuivi par Kinshasa est de mobiliser davantage de compétences et de capitaux autour des projets de construction, de modernisation et d’aménagement du territoire. L’ambassade de RDC à Bruxelles avait d’ailleurs indiqué, à l’occasion de la visite du ministre, que son déplacement devait notamment permettre de présenter aux partenaires belges les grands projets d’infrastructures engagés à travers le pays.

Pour John Banza Lunda, les entreprises belges disposent d’un espace pour apporter leur savoir-faire dans des domaines allant de l’ingénierie au contrôle technique, en passant par la recherche routière, la mobilité urbaine et les grands travaux d’aménagement.

La demande congolaise ne porte donc pas uniquement sur des financements. Elle vise également à associer expertise technique, technologie et capacités d’investissement, dans une logique de partenariats présentés comme mutuellement bénéfiques.

Faire de Bruxelles un relais auprès des entrepreneurs

Le ministre a par ailleurs invité les parlementaires bruxellois à jouer un rôle de relais auprès du monde économique belge.

L’idée est de sensibiliser les entrepreneurs aux opportunités offertes par les chantiers congolais et de replacer la RDC dans leur agenda d’investissement.

Les liens historiques entre les deux pays constituent un socle sur lequel peut être bâtie une nouvelle séquence davantage orientée vers les affaires, les technologies et les infrastructures. Cette approche trouve un écho dans les discussions déjà engagées avec les entreprises belges.

Lors de la rencontre du 11 septembre à Kinshasa, le président de la Chambre de commerce belgo-congolaise-luxembourgeoise avait notamment demandé au ministre un plan détaillé de sa politique de développement des infrastructures afin de mieux coordonner les entreprises belges intéressées par le secteur.

Du lien historique au partenariat économique

Le plaidoyer de Bruxelles repose ainsi sur une équation simple : transformer une proximité historique en coopération économique concrète.

Pour la RDC, il s’agit de trouver auprès de la Belgique un partenaire capable d’apporter à la fois des compétences, des technologies et des capacités financières.

Pour les entreprises belges, le message du ministre est celui d’un marché où les besoins restent considérables dans les infrastructures routières, les ouvrages d’art, la mobilité urbaine et l’aménagement du territoire.

La démarche intervient alors que le gouvernement congolais multiplie les contacts avec des partenaires étrangers autour de ses projets d’infrastructures. À Bruxelles, John Banza Lunda a donc choisi de placer la reconstruction au centre de son discours et d’appeler les acteurs économiques belges à prendre part à cette nouvelle phase de coopération.

« La reconstruction de la RDC au cœur de l’agenda des entrepreneurs belges » : derrière cette invitation, c’est la volonté de Kinshasa de faire évoluer la relation RDC-Belgique d’une proximité historique vers des alliances technico-financières concrètes, notamment dans les infrastructures.

JDW

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