La République démocratique du Congo entend renforcer la résilience de son économie face aux chocs internationaux tout en tirant davantage de valeur de ses ressources naturelles. C’est le message porté ce mercredi à Genève par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, lors de deux panels du Forum public 2026 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Organisées respectivement par le Cadre intégré renforcé (CIR), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et la RDC, ces discussions ont porté notamment sur les conséquences des crises internationales pour les économies vulnérables et sur le rôle des services dans l’exploitation durable des ressources minières.
Anticiper les chocs et développer l’expertise locale
Intervenant sur le panel consacré à la crise d’Ormuz et à la protection des économies vulnérables, Julien Paluku a appelé les pays les moins avancés (PMA) à renforcer leurs capacités nationales afin de réduire leur exposition aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le blocage du détroit d’Ormuz, présenté comme un facteur de perturbation du transport international du pétrole et du gaz, ainsi que les tensions commerciales internationales illustrent, selon le ministre, la nécessité pour les économies vulnérables de développer des mécanismes de résilience et des initiatives locales.
Pour la RDC, cette stratégie passe également par la montée en puissance des compétences nationales. Dans le secteur minier, le ministre a notamment insisté sur l’importance des services liés aux géosciences, à la logistique, à la certification et au financement, considérés comme des composantes essentielles d’une exploitation durable et compétitive des ressources.
L’exemple de Banalia, dans la province de la Tshopo, a été cité pour illustrer l’importance de la connaissance du sous-sol. Les nouvelles explorations y auraient conduit à réévaluer le potentiel en minerai de fer, annoncé initialement à environ 960 millions de tonnes, à plus de deux milliards de tonnes.
Vers des chaînes minières plus responsables
Sur le volet minier, Julien Paluku a présenté les réformes engagées par la RDC pour améliorer la responsabilité et la traçabilité des chaînes d’approvisionnement.
Le Gouvernement entend notamment renforcer la traçabilité des minerais et lutter contre la présence des enfants et des femmes dans les sites miniers, afin d’améliorer la conformité des productions congolaises avec les standards exigés sur les marchés internationaux.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de faire évoluer l’image de la RDC et de développer une expertise nationale capable d’accompagner la transformation et la valorisation des ressources sur place.
La dématérialisation au service du commerce
Le ministre a également mis en avant les réformes engagées dans la facilitation des échanges. Il a cité la dématérialisation progressive des procédures de pré-dédouanement, de dédouanement et de post-dédouanement.
Cette modernisation comprend notamment la transmission électronique de la liasse documentaire du système informatique du Guichet Unique Intégral du Commerce extérieur, S-One, vers le système Sydonia World de la Direction générale des douanes.
À cela s’ajoute le lancement du Portail d’Informations Commerciales (PIC), destiné à améliorer l’accès des opérateurs aux informations et exigences réglementaires liées au commerce international.
À Genève, le message congolais s’est ainsi articulé autour d’un même impératif : renforcer les capacités internes, sécuriser les chaînes de valeur et transformer davantage les ressources nationales en valeur économique locale.
Le Forum public 2026 de l’OMC, qui réunit des représentants des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et du monde académique, doit s’achever ce jeudi 17 septembre à Genève.
JDW

