Prédation financière à la moribonde Congo Airways : Jean-Bertrand Ewanga flingue Alexandre Tshikala

C’est une lettre explosive, signée de la main du Président du Conseil d’Administration de Congo Airways, Jean-Bertrand Ewanga Is’Ewanga, qui vient de faire exploser la chape de plomb sur la gestion catastrophique de la compagnie aérienne nationale. Alors que la RDC tenait déjà, voici quelques années, un fleuron aérien, les documents qu’un vent favorable fait connaître à Congo Guardian dressent le constat d’une faillite non seulement financière, mais surtout morale et managériale. Une arnaque aux allures de sabotage industriel.

Un constat sans complaisance, sous la signature d’Ewanga: « Incompétence », « Gaspillage » et « Déliquescence »

La missive, datée du 2 septembre 2026 et adressée à la Ministre du Portefeuille, ne mâche pas ses mots. Elle dénonce une gestion « hasardeuse et calamiteuse » du Directeur Général Alexandre Tshikala Mukendi.

Le diagnostic qu’il fait est sans appel : « l’absence de vision », « le gaspillage » des ressources financières et humaines, et une « incompétence » notoire.

Le constat, selon le PCA, est d’autant plus amer que la compagnie a reçu des soutiens massifs. Selon la lettre, « au total, plus de 23.000.000 USD ont été gérés par le Directeur Général pour un résultat nul, aucun aéronef en propre ni en location n’ayant été mis en exploitation jusqu’à ce jour. »

Le cas KLASJET : La rupture qui a cloué la flotte au sol

Le document détaille les « dérapages managériaux » qui ont conduit à la paralysie. Le premier coup de poignard date d’avril 2025 selon la lettre sous examen. Le DG décide de rompre « cavalièrement » le contrat de location de deux aéronefs auprès de la compagnie lituanienne KLASJET.

Une décision « sans analyse pertinente » qui a entraîné l’arrêt total de l’exploitation, se plaint le PCA. Résultat : « 17 mois » de paralysie.

La lettre précise que cette rupture a été actée alors que les avions volaient et généraient des recettes (7,7 millions USD engrangés entre janvier et mars 2025).

L’arnaque ALLEGENCIA : 3 millions de dollars pour un avion cloué au sol

Plus grave encore, le document révèle le cas ubuesque de la location d’un Airbus A320 auprès de la société sud-africaine ALLEGENCIA. Le constat est implacable : « Cet avion n’a jamais effectué même un seul vol, étant toujours cloué au sol et donc ne produisant absolument rien pour Congo Airways qui, au contraire, ne fait qu’engager des dépenses énormes et interminables pour cet aéronef qu’elle n’exploite pas. »

Et la facture est salée : « À ce jour, l’argent y dépensé dépasse 3.000.000 USD. »

Parmi ces dépenses folles, on note le paiement d’une réserve maintenance de 770.000 USD et une prime d’assurance de 647.838,58 USD.

Pire, le DG aurait osé baptiser cet avion fantôme du nom de feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba, sans consulter le Conseil d’Administration, qui a désapprouvé cette décision.

Le mystère des 255.000 USD disparus

L’incompétence alléguée par le PCA Ewanga semble parfois frôler l’escroquerie pure et simple. La lettre évoque la location en juin 2025 d’un autre Airbus A320 auprès d’INTERNATIONAL AIR LEASES.

« Les 255.000 USD décaissés par Congo Airways quant à ce sont portés disparus jusqu’à ce jour, et donc l’avion loué n’a jamais été réceptionné », peut – on lire.

Une commission d’enquête interne a établi la responsabilité personnelle du DG, Alexandre Tshikala Mukendi, avacance encore le PCA qui laisse aussi entendre que ce dernier a reconnu les faits : il a signé le paiement de la garantie de 255.000 USD « au mépris de l’avis du Responsable Juridique qui exigeait le placement de ladite garantie dans un compte séquestre ».

L’argent a été placé sur un compte non sécurisé, celui du loueur, sans justification fondée.

Des salaires en retard et une fuite des cerveaux

Pendant que les millions s’envolent, les travailleurs trinquent. La lettre révèle qu’en 20 mois de gestion, seulement « six mois + 40 % d’un mois de salaires payés » ont été versés. Une situation sociale explosive qui a poussé le responsable désigné des opérations aériennes, le chef pilote et les pilotes à la démission, créant un « vide préjudiciable à la compagnie ».

Conclusion : Un sabotage de la vision du Chef de l’État

Le Conseil d’Administration, sous la plume de Jean-Bertrand Ewanga Is’Ewanga, est formel : cette gestion a conduit à un « sabotage de la vision du Chef de l’État sur le plan de relance de Congo Airways SA ». La lettre, transmise pour information à la Présidence de la République, à la Primature, ainsi qu’aux Ministères des Finances, de l’Économie et du Budget, exige des mesures immédiates.

Jusqu’au moment où nous mettons en ligne, Congo Guardian n’a pas obtenu la réaction de la direction générale.

Dossier à suivre.

Congo Guardian

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