Transport ferroviaire à Kinshasa : la relance du trafic entre la Gare Centrale et l’aéroport de Ndjili bloquée par des ratés techniques et un manque de concertation

L’annonce précipitée de la reprise du train urbain entre la Gare centrale et N’djili s’est heurtée à la réalité du terrain. Alors que le Ministère des Transports, selon des sources dignes de foi, avait orienté les projecteurs sur un redémarrage le lundi dernier, un document interne émanant des services techniques de l’ONATRA vient contredire la version officielle et expliquer le raté constaté ce début de semaine.

Une note manuscrite rédigée et signée par l’inspecteur Masamba, responsable de la maintenance de la voie ferrée à Kinshasa, apporte, en effet, un éclairage décisif sur les raisons du report. Ce document, qui écume les réseaux sociaux depuis ce mardi matin et n’a pas été démenti, révèle que les travaux de réhabilitation de la voie ferrée ne sont pas encore achevés.

Plusieurs zones critiques identifiées sur le tracé nécessitent des interventions d’urgence et une consolidation structurelle avant de pouvoir autoriser le passage des rames en toute sécurité.

Le constat dressé par les techniciens met en lumière un dysfonctionnement majeur dans la chaîne de décision : les équipes de terrain affirment n’avoir jamais été associées ni consultées en amont de l’annonce publique de la reprise du trafic.

Une quinzaine de jours requise et des moyens matériels attendus

Pour garantir la sécurité des passagers et la fiabilité de la ligne, l’équipe d’inspection réclame un délai de 15 jours de travaux ininterrompus. Les techniciens ont formalisé une liste précise d’équipements et de matériels indispensables pour mener à bien la consolidation des rails et des traverses sur les segments fragiles.

Ce décalage entre la communication institutionnelle et la réalité opérationnelle, s’il vient à être confirmé, met en évidence l’absence de validation préalable du bulletin de sécurité de la voie, condition pourtant obligatoire avant tout engagement de matériel roulant.

Sollicité pour apporter des éclaircissements sur ce manque de synchronisation entre l’autorité de tutelle et les équipes techniques de l’ONATRA, le cabinet du Ministère des Transports, à qui est attribuée l’initiative de l’annonce, n’a pas donné suite à nos requêtes. Ce silence laisse entière la question de la gestion de la sécurité ferroviaire urbaine et repousse, de fait, la mise en service effective de la ligne à la finalisation complète des travaux de consolidation exigés par les équipes de terrain.

Congo Guardian

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