Selon le dernier rapport de situation publié par l’Institut National de Santé Publique (INSP) ce 13 août 2026, la 17eme épidémie d’Ebola en RDC s’étend désormais à une sixième province avec l’apparition officielle du virus dans le Bas-Uélé. Face à l’augmentation continue du nombre de cas confirmés et de décès, les équipes de réponse intensifient leurs opérations sur le terrain, alliant interventions ciblées de décontamination, sensibilisation communautaire et prise en charge médicale d’urgence.
Le bilan sanitaire : une progression continue de l’épidémie
L’épidémie à virus Ebola enregistre désormais un bilan cumulé de 4 665 cas confirmés à travers les six provinces affectées de l’est et du nord-est du pays. La létalité de la maladie demeure particulièrement élevée, avec 2 184 décès à déplorer parmi les personnes infectées, ce qui fixe le taux de létalité global à 46,8 %.
Au sein des centres de traitement et des structures d’isolement, 634 patients restent actuellement sous prise en charge médicale stricte.
Malgré la sévérité de la crise, l’action coordonnée des équipes soignantes a permis d’atteindre un total cumulé de 965 guérisons depuis le début de la flambée.
Sur le plan de la surveillance épidémiologique, les acteurs de terrain maintiennent une traçabilité rigoureuse avec un taux global de suivi des sujets contacts s’élevant à 84,2 %.
Une cartographie épidémique étendue à 6 provinces et 54 zones de santé
La géographie de la maladie enregistre une extension significative avec l’entrée officielle d’une sixième province dans le périmètre d’urgence sanitaire. Désormais, l’épidémie s’étend sur 54 zones de santé à travers les régions sous surveillance.
Ituri (Épicentre majeur) : La province demeure le foyer le plus lourdement touché, comptabilisant 28 zones de santé affectées sur 36 (Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Drodro, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba, Rwampara, Tchomia, Kambala, Nia-Nia, Fataki, Mandima, Lolwa, Boga, Ariwara, Mahagi et Adja).
Nord-Kivu : La transmission reste active dans 12 zones de santé sur 34 (Beni, Butembo, Goma, Kalunguta, Katwa, Kyondo, Oicha, Vuhovi, Mabalako, Masereka, Musienene et Lubero).
Haut-Uélé : La province recense 6 zones de santé touchées sur 13 (Boma Mangbetu, Gombari, Isiro, Pawa, Rungu et Wamba).
Tshopo : Les équipes y surveillent 6 zones de santé affectées sur 23 (Bafwasende, Kabondo, Lubunga, Makiso-Kisangani, Mangobo et Wanie-Rukula).
Bas-Uélé (Nouveau foyer) : La principale évolution géographique réside dans l’apparition du virus dans cette province, où 1 zone de santé sur 11 (Buta) est désormais directement impactée.
Sud-Kivu (Acalmie prolongée) : La province continue d’afficher une évolution très encourageante : limitée à la seule zone de santé de Miti-Murhesa (1 zone sur 34), elle franchit le cap des 76 jours consécutifs sans l’enregistrement du moindre nouveau cas confirmé.
Surveillance active, triage des alertes et dynamiques de prise en charge
Le dispositif de détection précoce s’avère particulièrement sollicité. Au cours de cette période, un total de 1 531 alertes a été rapporté dans les six provinces, parmi lesquelles 1 388 ont été formellement vérifiées par les équipes épidémiologiques.
Après évaluation, 328 alertes ont été validées comme cas suspects, donnant lieu à 286 investigations approfondies et au transfert de 187 personnes vers des centres de traitement ou d’isolement pour une prise en charge sécurisée.
Sur le plan de l’hospitalisation, les capacités d’accueil continuent de tourner à un rythme soutenu. De nouvelles admissions ont été enregistrées sur plusieurs fronts, avec notamment 83 nouveaux patients admis en Ituri, 63 au Nord-Kivu, 11 dans le Haut-Uélé et 2 dans la Tshopo.
Parallèlement, la réponse thérapeutique produit des résultats concrets : 47 patients supplémentaires ont été déclarés guéris après l’obtention de deux tests consécutifs négatifs à la maladie à virus Ebola, dont 42 guérisons obtenues en Ituri et 5 au Nord-Kivu.
Interventions ciblées de prévention et mobilisation communautaire
Afin d’étouffer les chaînes de transmission au sein des communautés touchées, les équipes d’intervention rapide déploient une stratégie d’encerclement sanitaire (« rings de riposte »).
En Ituri, l’ouverture de 19 rings de riposte a permis l’identification et la décontamination systématique de 70 sites exposés, incluant 63 ménages et 6 établissements de soins.
Dans la Tshopo, 6 rings ont été activés à travers quatre zones de santé, conduisant à la désinfection de 6 formations sanitaires et 2 ménages. En parallèle, les opérations de communication de proximité et de prévention des infections se poursuivent sans relâche.
En Ituri, 280 sujets contacts ont été répertoriés et suivis autour de 16 cas confirmés grâce aux dialogues communautaires et aux visites à domicile.
Au Nord-Kivu, un accent particulier a été mis sur le secteur des transports urbains, avec le briefing de 200 responsables d’associations de taxis-motos sur la communication des risques et l’application des mesures barrières.
L’appui logistique accompagne cette dynamique par la distribution continue de kits de prévention et contrôle des infections (PCI), d’intrants de surveillance, de chlore et d’un soutien au transport sanitaire.
Source : Rapport de Situation Ebola consolidé au 12 août 2026 (Publication du 13 août 2026) – Numéro vert gratuit pour la déclaration de tout symptôme ou cas suspect : 151.

