La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie d’ouverture économique. L’Assemblée nationale a adopté définitivement, mercredi, les projets de loi autorisant la ratification du nouvel Accord international sur le cacao (AIC 2026) ainsi que de l’Accord de partenariat économique global (APEG) conclu avec les Émirats arabes unis, après leur approbation préalable par le Sénat.
Présentés devant les députés par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, ces deux textes sont considérés par le Gouvernement comme des instruments majeurs destinés à renforcer l’intégration de la RDC dans le commerce multilatéral et à élargir les débouchés de ses exportations.
Signé à Abidjan dans le cadre de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), le nouvel Accord international sur le cacao permettra à la RDC de participer pleinement à la gouvernance mondiale de la filière cacaoyère. Le pays pourra désormais prendre part aux décisions stratégiques relatives à la régulation du marché international, bénéficier d’un meilleur accompagnement des producteurs, promouvoir la transformation locale du cacao à travers le développement des chaînes de valeur et accéder aux données statistiques ainsi qu’aux informations stratégiques du secteur.
Cette ratification intervient alors que la RDC affiche de fortes ambitions dans la filière cacao. Après avoir rejoint officiellement l’ICCO, le Gouvernement entend hisser le pays parmi les principaux producteurs mondiaux à l’horizon 2030, tout en misant sur un cacao certifié, conforme aux exigences internationales en matière de traçabilité et de lutte contre la déforestation.
Le second texte concerne l’Accord de partenariat économique global signé le 2 février 2026 à Abou Dhabi avec les Émirats arabes unis. Ce partenariat ouvre de nouvelles perspectives commerciales en accordant un accès préférentiel au marché émirati à près de 6 000 produits « Made in DRC », désormais exemptés de droits de douane.
Au-delà de l’accès au marché, l’accord prévoit également un renforcement de la coopération en matière douanière, le développement des capacités institutionnelles, l’encouragement des investissements directs et le transfert de technologies, autant d’éléments destinés à soutenir la diversification de l’économie congolaise et l’industrialisation du pays.
Prenant la parole au nom du Gouvernement, Julien Paluku Kahongya a salué l’adoption de ces deux projets de loi, estimant qu’ils dotent la RDC « d’outils stratégiques » pour consolider progressivement sa souveraineté économique et renforcer sa compétitivité sur les marchés internationaux.
Ces deux accords s’inscrivent dans la politique de diplomatie économique impulsée par le président Félix Tshisekedi, qui vise à multiplier les partenariats commerciaux, attirer davantage d’investissements productifs et favoriser la transformation locale des ressources nationales plutôt que leur simple exportation à l’état brut.
Après leur adoption par les deux chambres du Parlement, les textes n’attendent plus que leur promulgation par le Chef de l’État pour entrer définitivement en vigueur. Le Gouvernement estime que cette ultime étape permettra à la RDC de consolider son insertion dans les échanges internationaux et de renforcer son positionnement au sein des grandes chaînes de valeur mondiales.
A.O

