RDC : 11 milliards USD sur 10 ans pour diversifier l’économie, les pourparlers ont débuté entre Kinshasa et la BM

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et la Banque mondiale ont lancé les consultations sur le prochain Cadre de Partenariat Pays (CPF), un programme décennal destiné à soutenir la diversification de l’économie congolaise, stimuler les investissements privés et créer des emplois durables.

Présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la réunion a rassemblé les principaux ministres concernés autour d’un exercice de coordination stratégique visant à définir les priorités qui guideront la coopération entre Kinshasa et l’institution de Bretton Woods au cours des dix prochaines années. L’objectif est d’aligner ce futur cadre de partenariat sur les ambitions du Programme d’actions du Gouvernement (2024-2028), dont le premier pilier fait de la création d’emplois et de la transformation économique une priorité.

Jusqu’à 11 milliards de dollars mobilisables

À l’issue des échanges, le directeur pays de la Banque mondiale, Albert G. Zeufack, a salué la qualité des discussions engagées avec les autorités congolaises et confirmé l’ampleur des ressources susceptibles d’être mobilisées.

Selon lui, la Banque mondiale pourrait engager jusqu’à 11 milliards de dollars en faveur de la RDC au cours de la période couverte par le nouveau partenariat. Mais l’ambition va au-delà de ce montant.

L’institution entend utiliser ces financements comme un effet de levier afin d’attirer davantage de capitaux privés vers l’économie congolaise. « Nous comptons utiliser l’effet de levier pour attirer davantage de financements du secteur privé. Si nous travaillons ensemble pour réformer et garantir un climat des affaires attractif, nous pourrons tripler ce chiffre », a déclaré Albert G. Zeufack.

Cette approche traduit une évolution des stratégies de développement de la Banque mondiale, qui privilégie désormais les investissements capables de catalyser les financements privés plutôt que de s’appuyer exclusivement sur les ressources publiques.

Diversifier l’économie pour créer des emplois

Les consultations engagées à Kinshasa s’appuient également sur les enseignements tirés du précédent Cadre de Partenariat Pays.

La Banque mondiale a identifié trois grands axes qui feront l’objet de concertations approfondies avec les ministères sectoriels dans les prochaines semaines. Au cœur de cette nouvelle feuille de route figure la diversification de l’économie congolaise, encore largement dépendante du secteur minier.

Les discussions portent notamment sur le développement des infrastructures de transport, notamment les routes et les chemins de fer, le renforcement du capital humain à travers l’éducation ainsi que les réformes destinées à améliorer le climat des affaires et à favoriser les investissements productifs.

Pour le Gouvernement, ces réformes constituent un préalable indispensable à l’émergence d’un secteur privé plus dynamique, capable de soutenir une croissance inclusive et durable.

La Banque mondiale a également renouvelé son engagement à accompagner la RDC dans la mise en œuvre de son compact énergétique, avec l’objectif d’étendre l’accès à l’électricité à 60 % de la population, un levier considéré comme essentiel pour l’industrialisation et la compétitivité de l’économie.

Adoption attendue en novembre

Le calendrier de préparation du nouveau partenariat est désormais fixé.

Le Gouvernement congolais et les équipes de la Banque mondiale poursuivront les consultations techniques durant les prochains mois avant une nouvelle session de travail prévue en septembre afin de finaliser le document. Le futur Cadre de Partenariat Pays sera ensuite soumis au Conseil d’administration de la Banque mondiale en novembre 2026.

Pour la RDC, ce programme devrait constituer l’un des principaux instruments de financement de la transformation économique du pays au cours de la prochaine décennie, avec l’ambition de réduire la dépendance aux matières premières, d’accélérer la diversification des activités productives et de générer des emplois durables à grande échelle.

JEK

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