Le climat devient de plus en plus tendu au sein du Cadastre Minier (CAMI), désormais au cœur d’une controverse qui alimente abondamment l’opinion publique. Depuis plusieurs jours, des révélations persistantes mettent en cause la gestion de cet établissement stratégique de l’État congolais, avec en toile de fond des interrogations sur l’utilisation des ressources publiques et certaines pratiques administratives internes.
Au centre des débats figure notamment l’acquisition suivie de la réhabilitation de l’immeuble ex-Sabena. Selon plusieurs informations relayées dans différents milieux, le coût global de cette opération avoisinerait les 17 millions de dollars américains. Parallèlement, d’autres accusations évoquent des irrégularités présumées dans certains recrutements, promotions internes ainsi que dans l’attribution de marchés publics.
Face à la gravité des allégations, de nombreuses voix s’étonnent du silence observé jusqu’ici par les autorités compétentes, particulièrement les ministères des Mines et de la Justice. Pour plusieurs observateurs, les prises de parole de certains soutiens ou proches de l’institution ne sauraient remplacer des explications officielles appuyées par des éléments concrets et vérifiables.
Dans les milieux politiques et administratifs, les appels se multiplient désormais en faveur d’enquêtes indépendantes menées par les organes habilités de l’État, notamment l’Inspection Générale des Finances (IGF), la Cour des comptes, l’Inspection du travail, la Fonction publique, le Parlement ainsi que les juridictions compétentes. Jusqu’à présent, aucune communication détaillée n’a permis d’éclairer l’opinion sur les montants réellement engagés, les procédures suivies ou les éventuelles responsabilités.
Même si le CAMI a déjà rejeté certaines accusations liées à l’immeuble ex-Sabena, plusieurs analystes estiment que ces démentis restent insuffisants en l’absence de documents justificatifs ou d’explications précises rendues publiques.
Parmi les points qui suscitent encore des interrogations figurent notamment :
- les modalités exactes d’acquisition et de réhabilitation de l’immeuble ex-Sabena ;
- la conformité des marchés publics attribués ;
- la régularité des recrutements et promotions effectués ces dernières années ;
- l’évolution réelle des effectifs au sein de l’établissement ;
- d’éventuelles pressions exercées sur certains agents soupçonnés d’avoir dénoncé des pratiques internes.
Pour plusieurs spécialistes de la gouvernance publique, les précédents enregistrés dans certaines entreprises de l’État, notamment à l’OCC ou à la RVA, démontrent qu’aucune institution publique ne devrait échapper aux exigences de transparence et de redevabilité lorsqu’existent des soupçons sérieux de mauvaise gestion.
Dans ce contexte marqué par la montée des tensions, certains acteurs réclament même des mesures conservatoires afin de permettre aux organes de contrôle et à la justice de travailler dans un climat apaisé. D’autres appellent toutefois à éviter toute instrumentalisation politique du dossier et à privilégier exclusivement la manifestation de la vérité.
Concernant les accusations relayées dans plusieurs publications, Monsieur Mupande, brièvement contacté, rejette toute implication dans les faits évoqués. Il annonce des poursuites judiciaires contre toute personne ou structure ayant porté atteinte à son image. Une communication officielle de son entourage serait attendue dans les prochaines heures.
Yan Manu

