Crise du cacao en RDC : le gouvernement adopte un plan d’action interministériel pour protéger la filière

La chute des cours mondiaux du cacao a occupé une place centrale lors de la 88e réunion du Conseil des ministres présidée vendredi à par le président Félix Tshisekedi. Face aux turbulences qui affectent l’une des principales filières agricoles d’exportation du pays, le gouvernement congolais a adopté un plan d’action interministériel destiné à renforcer la résilience du secteur et à protéger les producteurs locaux.

Le gouvernement a notamment analysé le retournement du marché international après l’embellie de 2024, période durant laquelle la tonne de cacao avait dépassé les 10.000 dollars américains. Cette baisse des prix intervient dans un contexte où la RDC cherche à accroître la place du cacao dans la diversification de ses exportations hors mines.

Parmi les principales mesures arrêtées figure l’octroi d’allègements fiscaux aux comptoirs exportant officiellement le cacao et rapatriant les devises en RDC.

Cette mesure, portée par le secteur des finances, vise à encourager les circuits formels et à limiter les pertes liées à la fraude et à la contrebande.

Sur le plan agricole, le gouvernement prévoit de poursuivre la distribution gratuite de semences améliorées et de bacs de fermentation afin d’améliorer la qualité et le rendement des productions. Des infrastructures de stockage, notamment des silos et entrepôts de conservation, devraient également être construites dans les principales zones de production.

Le volet du développement rural met l’accent sur l’organisation des petits producteurs en coopératives structurées capables de négocier directement avec les acheteurs internationaux, sans dépendre d’intermédiaires. L’objectif est de renforcer le pouvoir de négociation des producteurs et d’améliorer leurs revenus.

Dans le domaine industriel, l’exécutif entend accélérer la transformation locale du cacao. Une ligne de crédit sera mise en place via le Fonds de Promotion de l’Industrie afin de préfinancer les campagnes d’achat et soutenir les premières unités de transformation.

Le gouvernement prévoit également l’opérationnalisation des zones économiques spéciales de Musienene, dans le Nord-Kivu, et de Gwaka, dans le Sud-Ubangi, ainsi que la création de nouvelles zones en Ituri et dans le Haut-Uele.

Le plan gouvernemental comprend aussi un important volet infrastructurel avec la réhabilitation des axes routiers reliant les bassins de production aux ports, frontières et centres de consommation.

Les autorités estiment que l’amélioration de la logistique constitue un levier essentiel pour réduire les coûts de transport et améliorer la compétitivité du cacao congolais.

Sur le plan sécuritaire, une unité mixte regroupant la police, les douanes et l’armée sera mise en place afin de lutter contre la contrebande dans les zones de production et sur les voies d’évacuation. Cette mesure vise à fermer les circuits illicites qui privent l’État et les producteurs de revenus importants.

Enfin, le ministère du Commerce extérieur, dirigé par Julien Paluku Kahongya, poursuivra les programmes de formation des producteurs sur les normes internationales, tout en renforçant la diversification des marchés d’exportation et la mise en œuvre d’une politique de qualité adaptée aux exigences mondiales.

Pour le Conseil des ministres, la réponse à la crise du cacao doit être à la fois fiscale, structurelle et sécuritaire. Le gouvernement entend ainsi conjuguer baisse des charges, transformation locale et lutte contre la fraude afin de consolider durablement la filière cacao en RDC.

A.O

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *