Journée internationale du travail : Judith Suminwa fait de l’emploi et du travail décent un axe central de sa politique

La République démocratique du Congo a célébré vendredi 1er mai la Journée internationale du Travail dans un contexte marqué par une série de réformes engagées par le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui a placé l’emploi, le pouvoir d’achat et la protection des travailleurs au cœur de son action.

Dans son programme 2024-2028, l’exécutif congolais affirme vouloir faire de l’être humain « la ressource principale » et le premier bénéficiaire du progrès économique, dans un pays où la jeunesse représente l’un des principaux leviers de croissance.

Selon les autorités, plus de 1,8 million d’emplois ont été créés entre 2022 et 2024, d’après une enquête du ministère de l’Emploi et du Travail publiée en décembre dernier. Un nouveau rapport est attendu prochainement pour actualiser ces données.

Le gouvernement a également renforcé l’encadrement du marché du travail. Désormais, toute offre d’emploi doit obtenir le visa préalable de l’Office national de l’Emploi (ONEM) avant sa publication, une mesure destinée à améliorer la traçabilité des recrutements et à lutter contre les pratiques frauduleuses.

Parallèlement, l’exécutif mise sur la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et le développement des métiers verts pour mieux adapter les compétences aux besoins du marché.

Sur le plan social, l’une des réformes les plus marquantes concerne la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Fixé pendant des années à 7.075 francs congolais par jour, il a été relevé à 14.500 francs en mai 2025, puis à 21.500 francs depuis janvier 2026, en application d’un décret signé par la Première ministre.

Cette mesure vise à « renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs » et à améliorer leurs conditions de vie, même si sa mise en œuvre progressive reste discutée avec les représentants du patronat au sein du Comité national du travail.

Le raffermissement récent du franc congolais a, par ailleurs, accru le revenu réel des salariés rémunérés en monnaie locale, en réduisant l’érosion de leur pouvoir d’achat liée aux fluctuations monétaires.

Le gouvernement entend aussi mieux protéger le marché de l’emploi national. Les contrôles ont été intensifiés pour lutter contre le recours abusif à la main-d’œuvre étrangère dans des postes réservés aux nationaux, conformément à la législation en vigueur.

Autre chantier majeur : la réforme des retraites dans la fonction publique. Depuis l’entrée en vigueur de la loi de juillet 2022 sur le régime spécial de sécurité sociale des agents publics, plus de 11.000 fonctionnaires ont déjà été mis à la retraite, avec l’objectif d’atteindre 300.000 départs d’ici à 2030.

Cette politique vise à rajeunir l’administration, à mieux maîtriser la masse salariale et à ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi pour les jeunes générations.

À travers ces réformes, le gouvernement congolais entend promouvoir un modèle fondé sur le travail décent, la justice sociale et la valorisation du capital humain, dans un pays où l’emploi demeure l’un des principaux défis économiques et sociaux.

JDW

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *