Kinshasa prépare l’intégration économique RDC-Angola : un forum pour lever les barrières commerciales

La troisième édition du Forum économique entre la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Angola se tiend depuis ce 1ᵉʳ avril 2026 à Kinshasa. Placé sous le thème de « l’intégration sous-régionale et le développement du commerce transfrontalier », cet événement vise à transformer une relation bilatérale ancienne en levier concret de croissance partagée.

L’objectif général affiché est de consolider les acquis des éditions précédentes, évaluer les progrès réalisés et proposer des mesures opérationnelles pour accélérer la convergence économique entre les deux voisins.

Les travaux devront aboutir à des recommandations ciblées pour lever les contraintes qui persistent malgré des avancées notables depuis le premier forum organisé en 2023.

Parmi les objectifs spécifiques figurent l’amélioration des mécanismes de facilitation des transactions financières, la formalisation des échanges commerciaux, la lutte contre la contrebande, ainsi que le développement de partenariats entre opérateurs économiques.

Les discussions devront également permettre d’élaborer des stratégies communes dans des secteurs prioritaires tels que l’énergie, la pêche, le transport et la logistique, tout en renforçant la coopération institutionnelle entre administrations publiques et organismes de régulation.

Ce troisième rendez-vous s’inscrit dans la continuité de la volonté exprimée par les présidents Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et João Manuel Gonçalves Lourenço de renforcer la coopération économique bilatérale. Si les premières éditions ont permis des progrès significatifs dans la facilitation des échanges, le développement des infrastructures transfrontalières et la promotion des investissements croisés, des obstacles demeurent.

Les difficultés liées aux paiements et aux transferts financiers, la persistance des pratiques informelles, l’insuffisance des infrastructures logistiques et les barrières tarifaires et non tarifaires continuent d’entraver le plein potentiel des échanges.

Pour répondre à ces enjeux, les travaux s’articuleront autour de cinq axes thématiques.

Le premier, consacré à la facilitation des échanges commerciaux, abordera l’amélioration des transactions financières, le rôle des banques centrales et les réformes financières innovantes.

Le deuxième, dédié à la gouvernance commerciale et à la formalisation, mettra l’accent sur la lutte contre la fraude, l’amélioration de la gouvernance transfrontalière et la protection des économies nationales.

Le secteur de l’énergie fera l’objet d’un troisième volet, centré sur le commerce transfrontalier des produits énergétiques et la gouvernance responsable des hydrocarbures.

Un quatrième axe portera sur la pêche et l’économie bleue, avec l’ambition de développer un marché commun des produits halieutiques.

Enfin, les discussions sur le transport, la logistique et les infrastructures viseront à définir une stratégie pour renforcer l’intégration logistique et réduire l’extraversion économique des deux pays.

Le forum réunira sur deux jours les principaux acteurs publics et privés : membres des gouvernements, gouverneurs de provinces, banques centrales, administrations douanières, opérateurs économiques, chambres de commerce, ainsi que des partenaires techniques et financiers tels que le FMI, la Banque mondiale et le PNUD. Un volet B2B est également prévu pour favoriser les rencontres d’affaires.

À l’issue des travaux, les organisateurs espèrent la formulation de recommandations opérationnelles, le renforcement des partenariats public-privé, l’identification de projets structurants communs, et la conclusion éventuelle d’accords ou de protocoles d’entente. Un dispositif de suivi et d’évaluation devrait être mis en place ou consolidé pour assurer la mise en œuvre des engagements.

Placé sous le haut patronage des deux chefs d’État et organisé par la Cellule du Redressement Productif (CEREP) sous mandat du vice-Premier ministre congolais de l’Économie nationale, ce forum entend marquer une étape décisive dans la maturation d’un partenariat stratégique au cœur des enjeux d’intégration régionale en Afrique centrale.

Jonas Eugène Kota

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