Après les excédents enregistrés dans la zone Ouest, le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un gain supplémentaire de 44,43 millions de dollars en faveur de l’État pour les zones Sud, Est et Nord au second semestre 2025. Ce résultat confirme l’inversion progressive d’un système historiquement déficitaire vers un modèle générateur de recettes.
Ce montant s’ajoute aux 22,31 millions USD enregistrés au quatrième trimestre 2025 dans la zone Ouest, portant à plus de 66 millions USD les gains constatés dans la seule année 2025.
Selon le Ministère de l’Economie dans un communiqué officiel, ces performances « traduisent une évolution significative dans la dynamique de gestion des Pertes et Manques à Gagner » et confirment « les progrès enregistrés en matière de maîtrise et de transparence des mécanismes de suivi ».
Les opérateurs pétroliers reconnaissent un changement structurel
Le secteur privé lui-même valide la nouvelle trajectoire financière.
S’exprimant au nom des opérateurs des zones Sud, Nord et Est, Joseph Twite Maloba, président de la commission hydrocarbures de la FEC/Haut-Katanga, a salué la réforme : « Nous sommes contents de ces résultats. Nous sommes dans un jeu gagnant-gagnant et, actuellement, c’est le gouvernement qui détient une créance sur nous, les pétroliers », a-t-il déclaré avant d’ajouter, anthousiaste : « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous pensons que les travaux doivent se poursuivre dans cet élan de transparence et de paiement rapide des PMAG. »
Cette déclaration illustre un changement notable dans les relations entre l’État et les opérateurs, longtemps marquées par des tensions liées aux dettes accumulées.
La doctrine Mukoko Samba : vérité des prix et discipline budgétaire
Le coordonnateur du Comité de Réglementation des Prix des produits stratégiques a rappelé que ces résultats s’inscrivent dans les orientations du Vice-Premier Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, reposant sur la détermination de : « justes prix, justes gains et justes pertes ».
Le Gouvernement poursuit un double objectif : préserver le pouvoir d’achat tout en réduisant la charge budgétaire. Le ministère souligne que ces équilibres économiques s’inscrivent dans les directives du Chef de l’État visant la stabilité macroéconomique.
2025, année charnière pour la gouvernance pétrolière

Pour les autorités, l’exercice 2025 marque un tournant majeur : le mécanisme des PMAG, autrefois source de dépenses imprévisibles, devient progressivement un instrument de stabilisation budgétaire.
Le communiqué note que les résultats « résultent du renforcement continu de la gouvernance du secteur pétrolier », notamment grâce à : des paramètres techniques certifiés, une coordination interinstitutionnelle renforcée, une traçabilité accrue des données économiques.
La participation aux travaux de la Présidence, de la Primature, des ministères économiques et de la Banque centrale illustre la dimension stratégique désormais accordée au secteur.
Vers un nouveau rôle macroéconomique du secteur aval
En cumulant les gains sur toutes les zones de consommation, la RDC transforme progressivement le secteur pétrolier aval en facteur de discipline budgétaire. Au-delà du carburant, l’enjeu devient macroéconomique : réduire les charges de compensation, améliorer la prévisibilité des finances publiques et restaurer la crédibilité de la politique économique.
Après des années de déficits, la réforme des PMAG apparaît désormais comme l’une des principales sources d’économies publiques structurelles du pays.
JDW

