Tramway de Kinshasa : à Rotterdam, John Banza Lunda enclenche la phase décisive du mégaprojet urbain

Le projet intégré de Tramway de Kinshasa franchit un cap décisif de matérialisation. En déplacement de travail aux Pays-Bas, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a officiellement remis au consortium en charge du projet l’original de l’Accord de Principe signé le 8 octobre 2025, revêtu du cachet sec du ministère.

Un geste hautement symbolique et politiquement fort, matérialisant l’entrée du projet dans sa phase opérationnelle.

La délégation du consortium, conduite par son coordonnateur Jean-Pierre Van Erps, a été reçue vendredi à Rotterdam pour une séance de travail qualifiée de « stratégique et opérationnelle ». L’objectif : accélérer la structuration contractuelle en mode Partenariat Public-Privé (PPP) et verrouiller le calendrier d’exécution.

Un signal politique clair

Pour le Gouvernement congolais, il ne s’agit plus d’une simple ambition urbaine, mais d’un projet structurant prioritaire pour la capitale. Le ministre a, en effet, réaffirmé le soutien total de l’État et exigé le respect strict du chronogramme initial, fixant un cap précis : Mise en service de la première ligne de tramway souterraine expresse au plus tard le 27 novembre 2027.

Cette échéance, qualifiée de « repère majeur », engage politiquement l’exécutif vis-à-vis de la population kinoise, confrontée quotidiennement aux embouteillages chroniques, aux inondations récurrentes et à la saturation des infrastructures routières.

John Banza Lunda a insisté sur la nécessité de finaliser rapidement un planning consolidé, juridiquement sécurisé, alignant études techniques, montage financier et signature du contrat PPP.

Une infrastructure à dimension systémique

Au-delà d’un simple réseau de transport, le projet intégré de Tramway de Kinshasa ambitionne de transformer structurellement la capitale congolaise. Les objectifs affichés sont multiples : Désengorger durablement Kinshasa ; moderniser les infrastructures urbaines ; lutter de manière structurelle contre les inondations ; améliorer la mobilité et la qualité de vie.

Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, figure parmi les villes africaines à la croissance démographique la plus rapide, mais sans système de transport de masse structuré. Les déplacements reposent principalement sur le transport informel et un réseau routier saturé.

Le tramway vise ainsi à introduire une alternative moderne, capacitaire et planifiée.

173 ponts et une ingénierie anti-inondations intégrée

Le consortium — composé de PRUME TRAMWAY RDC, FRATEUR-DE POURCQ et POWERCHINA — a remis au ministre une note conceptuelle actualisée intégrant les avancées techniques majeures.

Plus de 60 ingénieurs spécialisés ont mené des missions approfondies à Kinshasa, en s’appuyant notamment sur les plans historiques de la ville et des analyses topographiques et hydrauliques détaillées.

Parmi les données les plus marquantes : la nécessité de construire 173 ponts entre le centre-ville et l’aéroport international de N’djili pour assurer la continuité des infrastructures ; l’intégration systématique de dispositifs de drainage, de récupération et de traitement des eaux pluviales ; ainsi qu’un système visant à renforcer la résilience urbaine face aux inondations, fléau récurrent de la capitale.

Le consortium affirme également que le projet permettra une redistribution d’eau traitée, contribuant indirectement à l’amélioration de l’accès à l’eau potable.

Sept lignes et des technologies hybrides

Le projet global prévoit :

La construction de sept lignes modernes de tramway ;

L’utilisation de voies hybrides préfabriquées sous licence technologique exclusive ;

L’intégration de solutions énergétiques durables ;

La modernisation des axes urbains et des réseaux techniques associés.

Pour garantir l’ancrage institutionnel national, le ministre a instruit l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), représentée par son Directeur général Nico Nzau Nzau, d’assurer la coordination technique du projet côté congolais.

Un pari urbain et économique

Au-delà de la mobilité, le tramway de Kinshasa représente un levier de transformation économique : création d’emplois, structuration foncière, valorisation immobilière et amélioration de la compétitivité urbaine.

À Rotterdam, loin de l’effervescence kinoise, l’acte posé par le ministre marque une accélération politique claire. Reste désormais à transformer l’engagement institutionnel en exécution concrète — dans les délais annoncés.

Le compte à rebours vers novembre 2027 est lancé.

JDW

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