RDC : Mukoko Samba inspecte la chaîne d’approvisionnement pour sécuriser l’offre alimentaire locale

À la veille des fêtes de fin d’année, le gouvernement congolais intensifie sa surveillance des circuits d’approvisionnement du marché intérieur. Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a effectué mardi une série de visites dans plusieurs ports stratégiques de Kinshasa afin d’évaluer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement de la production locale, de l’amont agricole jusqu’à la distribution urbaine .

Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi annuel de l’approvisionnement du marché intérieur, un exercice clé pour prévenir les tensions sur les prix et garantir la disponibilité des produits de base dans la capitale, principal centre de consommation du pays.

Des flux agricoles en provenance de l’intérieur du pays

Première étape : le port public de pêche de Kinkole, où le ministre a constaté l’arrivée de sacs de grains provenant notamment du Kwilu, du Maï-Ndombe et du Kasaï, ainsi que des cargaisons de cossettes de manioc débarquées des baleinières.

Selon les responsables du site, le port accueille en moyenne trois à quatre bateaux par semaine, certains dédiés à l’acheminement de produits agricoles vers Kinshasa, d’autres servant au transport de produits manufacturés vers l’intérieur du pays. Un va-et-vient logistique qui illustre le rôle central des voies fluviales dans l’économie congolaise.

Ports urbains sous pression logistique

La délégation ministérielle s’est ensuite rendue au port de Baramoto, dans la commune de la Gombe, afin d’identifier les goulots d’étranglement affectant la chaîne d’approvisionnement. Ce port fait partie d’un pool de plusieurs installations réparties en six zones et accueille des bateaux métalliques pouvant transporter jusqu’à 3.000 sacs de produits.

Les constats effectués sur place ont mis en lumière les limites actuelles de l’organisation logistique, dans un contexte où la demande urbaine reste soutenue et où la concurrence des produits importés demeure forte.

CDI Bwamanda : un potentiel industriel sous-exploité

Dernière étape de la tournée : le port du CDI Bwamanda, également situé à la Gombe. Daniel Mukoko Samba y a visité l’usine de production, dont la capacité atteint 100 tonnes par jour, réparties entre une ancienne et une nouvelle unité de production. Cette capacité équivaut à plus de 10.000 sacs de 10 kg par jour, ou environ 2.500 sacs de 25 kg destinés au marché de Kinshasa.

S’exprimant à cette occasion, Sangina Toko Édouard, assistant du directeur général du CDI Bwamanda, a qualifié la visite ministérielle de « très encourageante », rappelant le rôle historique de l’institution dans l’alimentation de la capitale durant plusieurs décennies. Il a toutefois souligné que la structure, organisée en ASBL, fait face à des difficultés liées notamment à la baisse des subventions publiques.

Parmi les principaux défis identifiés figurent l’accès aux semences de qualité, le faible encadrement des producteurs agricoles et la dégradation des infrastructures routières, qui entrave l’évacuation des récoltes, même lorsque la production est suffisante.

Vers une chaîne de valeur structurée

Pour Daniel Mukoko Samba, ces visites de terrain confirment la nécessité de bâtir une chaîne de valeur complète et structurée, de la production à la distribution. Le ministre a pointé de « sérieuses insuffisances » dans l’organisation actuelle de la filière, notamment en ce qui concerne la qualité du maïs local, qui peine à concurrencer les produits importés, mieux normalisés et plus performants sur le plan logistique.

Le VPM plaide ainsi pour la normalisation et l’encadrement de toute la chaîne de valeur de la production locale, afin de renforcer la compétitivité des produits congolais, réduire la dépendance aux importations et stabiliser les prix sur le marché intérieur.

Un enjeu économique et social majeur

Au-delà de la question alimentaire, cette tournée illustre les priorités du gouvernement en matière de souveraineté économique, de soutien à la production nationale et de lutte contre les déséquilibres structurels du marché.

En s’appuyant sur des acteurs disposant d’infrastructures existantes — comme le CDI Bwamanda, qui compte plus de sept dépôts de 2.000 m² à Kinshasa et de vastes entrepôts à l’intérieur du pays — l’État entend consolider des partenariats capables d’assurer un approvisionnement durable et compétitif du marché congolais.

JDW

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