À Maluku, Judith Suminwa renforce l’offensive industrielle du Gouvernement

Le Gouvernement passe de la parole aux actes. En déplacement à Maluku, à l’est de Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, mardi, une réunion stratégique du Comité de pilotage des Zones économiques spéciales (ZES), directement sur le site de la ZES pilote. Un signal fort : l’industrialisation voulue par l’Exécutif se pilote désormais sur le terrain.

Inscrite dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2024-2028), cette immersion gouvernementale avait un objectif : accélérer la transformation industrielle, créer massivement des emplois et réduire la dépendance de la RDC aux importations.

Une réunion sur site, symbole d’un changement de méthode

Fait inédit, la réunion s’est tenue au cœur même de la Zone économique spéciale de Maluku, là où s’installent déjà les premières usines. Autour de la Cheffe du Gouvernement, une dizaine de membres de l’Exécutif, dont les vice-premiers ministres de l’Intérieur et de l’Économie, les ministres d’État du Plan, de la Formation professionnelle, de l’Urbanisme, ainsi que plusieurs ministres sectoriels ad intérim.

« C’est une première. Le Gouvernement se réunit là où l’industrie se construit réellement », a souligné le ministre ad intérim de l’Industrie, Justin Kalumba.

À Maluku, chaque ministère a été confronté à ses responsabilités, avec une matrice précise d’actions, de délais et d’indicateurs de performance, afin de garantir un suivi rigoureux des engagements.

Le PAG comme boussole de la relance industrielle

Cette descente sur le terrain a permis d’aligner l’ensemble des ministères concernés sur les priorités du PAG 2024-2028 : création d’emplois, transformation locale des matières premières, substitution aux importations et amélioration du climat des affaires.

Loin d’un simple exercice protocolaire, la visite de Judith Suminwa intervient à un moment charnière. Lancée en 2020, la ZES de Maluku est entrée dans une phase opérationnelle décisive. Le Gouvernement entend désormais accélérer et transformer ce potentiel en résultats industriels tangibles, conformément à la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi.

Maluku, laboratoire de la nouvelle économie congolaise

Pensée comme un levier stratégique de transformation économique, la ZES de Maluku offre un régime fiscal incitatif, des infrastructures mutualisées et un environnement favorable à la création de chaînes de valeur locales.

Pour l’Exécutif, l’enjeu est clair : réussir cette ZES pilote afin d’en faire une vitrine capable d’attirer davantage d’investissements et d’inverser progressivement le modèle économique dominé par l’importation. « Nous assistons à une mutation intéressante : des importateurs deviennent producteurs locaux », a insisté un membre du Gouvernement.

Des usines, des emplois et des chiffres concrets

À l’issue de la réunion, la Première ministre a inspecté plusieurs entreprises déjà installées dans la zone. Chez Varun Beverages RDC SAS, qui produit notamment Pepsi et Mirinda, plus de 600 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects ont déjà été créés.

Autre étape marquante : Saphire Carreaux, spécialisée dans la fabrication de carreaux. L’entreprise emploie plus de 400 travailleurs directs et exporte une partie de sa production vers le Congo-Brazzaville. Plus de 90 % des matières premières utilisées proviennent de Kinshasa et du Kongo Central, illustrant concrètement la montée en puissance de la valeur ajoutée locale.

La visite s’est achevée sur le site de Refriango RDC, un projet industriel de plus de 100 millions de dollars, destiné à produire localement des jus et boissons jusque-là importés d’Angola. Implantée sur 15 hectares, dont 5 déjà construits, l’entreprise prévoit la création de plus de 800 emplois, avec un démarrage de la production annoncé pour janvier 2026.

Un cap assumé sur l’industrialisation

Par cette immersion à Maluku, Judith Suminwa réaffirme la détermination de son Gouvernement à faire des Zones économiques spéciales un pilier central de l’industrialisation de la RDC. Une stratégie assumée, inscrite dans le premier pilier du PAG 2024-2028, qui mise sur un secteur industriel compétitif, diversifié et créateur d’emplois.

À Maluku, l’agenda industriel du Gouvernement ne se décline plus en intentions, mais en usines, investissements et emplois visibles. Un tournant que l’Exécutif entend désormais généraliser à l’échelle nationale.

JEK

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