Alors qu’enflent les accusations sur un présumé bradage des ressources et de la souveraineté économique du pays à travers le partenariat entre la RDC et les USA, le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba est fermement monté au créneau ce mardi soir pour tout rejeter et clarifier. Insistant sur le caractère strictement cadre et non transactionnel de l’accord stratégique signé avec Washington, il a rappelé qu’aucune mine, aucun contrat et aucun investisseur n’y sont engagés, dénonçant une lecture biaisée et émotionnelle d’un texte public et technique.
Face à la vive polémique suscitée par l’accord de partenariat stratégique signé le 4 décembre dernier à Washington entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, est monté au créneau ce mardi soir, lors d’un briefing de presse animé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Au cœur des critiques, une opinion persistante accusant le Gouvernement congolais d’avoir « bradé » les minerais du pays et compromis, plus largement, la souveraineté minière et économique nationale. Des accusations que Mukoko Samba, l’un des principaux négociateurs congolais de l’accord, notamment dans son volet économique, a fermement réfutées.
Introduisant l’échange, Patrick Muyaya a tenu à replacer le débat dans son contexte, rappelant que les textes de l’accord sont publics depuis leur signature et qu’aucune clause secrète n’existe. « Il ne s’agit pas d’un deal obscur, mais d’un accord de partenariat stratégique clairement défini », a-t-il souligné, appelant à une lecture rigoureuse et dépassionnée des documents.
Prenant la parole, Daniel Mukoko Samba a insisté sur la nature réelle de l’accord signé avec Washington. « Nous parlons ici exclusivement des documents signés entre la RDC et les États-Unis d’Amérique, et non d’autres accords conclus le même jour avec d’autres partenaires », a-t-il précisé. Deux textes sont concernés : l’accord de partenariat stratégique, signé par lui-même côté congolais, et un mémorandum d’entente sur la sécurité, paraphé par la ministre d’État aux Affaires étrangères.
Selon le vice-Premier ministre, l’accord du 4 décembre marque un changement de niveau dans les relations bilatérales, faisant passer la RDC d’une coopération classique à un partenariat stratégique, réservé à un cercle restreint de pays africains comme le Kenya ou le Maroc. « Un partenariat stratégique signifie que deux États partagent une vision commune à moyen et long terme, et estiment que leurs intérêts fondamentaux sont étroitement liés », a-t-il expliqué.
Mukoko Samba a tenu à dissiper toute ambiguïté sur le contenu économique du texte. « L’accord, a-t-il martelé, est un accord-cadre, technique, qui définit les domaines de collaboration — économie et commerce, sécurité, gouvernance, éducation, sciences et technologies — sans céder la moindre mine ni attribuer le moindre contrat ».
Et de cogner encore : « Il n’y a dans ce document aucune liste de mines cédées, aucun investisseur désigné, aucun engagement de bradage des ressources ».
Sur la question sensible du climat des affaires évoqué dans l’accord, le ministre a reconnu les défis existants, tout en soulignant les réformes engagées. L’accord ne prévoit, selon lui, aucun régime fiscal dérogatoire au profit des investisseurs américains. Les investissements éventuels seront encadrés par la loi congolaise, notamment celle de janvier 2014, appelée à être amendée dans un délai de douze mois afin d’offrir un cadre juridique unique, transparent et sécurisé.
L’accord inclut également un volet gouvernance, avec une assistance technique dans la lutte contre la corruption, le renforcement de l’administration publique et la régulation de l’exploitation minière artisanale. Un point crucial, selon Mukoko Samba, pour éviter que ce secteur ne devienne un foyer d’insécurité, de groupes armés ou de financement d’activités illicites.
En conclusion, le vice-Premier ministre a appelé à la retenue et à la pédagogie. « Les investisseurs viendront lorsque des projets concrets auront été identifiés par le comité conjoint. Nous irons ensemble, Américains et Congolais, à la recherche de partenaires sérieux. Rien n’a été vendu, rien n’a été cédé », a-t-il tranché.
Un message clair destiné à couper court aux accusations et à réaffirmer, selon le Gouvernement, que l’accord stratégique RDC–USA ouvre une nouvelle page de coopération, sans compromettre la souveraineté nationale.
Yan Manu

