Infrastructures et travaux publics : Le week-end marathon de John Banza dans le Congo profond

Du tarmac de Bunia aux bourbiers du Bas-Uélé, John Banza Lunda vient de s’offrir un week-end politique et technique qui tient du marathon national. Trois jours, quatre provinces, des pistes d’atterrissage, des routes nationales relancées, des bulldozers alignés comme pour une parade industrielle : le ministre des Infrastructures et Travaux publics a remis ses bottes de terrain et laissé la climatisation de son bureau à Kinshasa.

Bunia : l’entrée en matière — les manches relevées et des instructions claires

Vendredi matin. L’aéroport de Bunia ronronne. Banza débarque, entouré de députés et d’ingénieurs. Son premier arrêt n’est pas protocolaire : l’aéroport, l’Université de Bunia, la RN27 et le stade municipal. Partout, mêmes mots d’ordre : accélérer, sécuriser, livrer.

Le ministre harangue les équipes, félicite parfois, menace quand il faut. Et martèle un message politique limpide : « Nous sommes en guerre, mais le Président construit son pays. Avant Félix Tshisekedi, on ne pouvait même pas atterrir ici avec un jet à réacteur. »

L’Ituri, dit-il, avance parce que « le Congo avance ».

Puis le dispatching du job : les entreprises attributaires repartent avec des instructions calibrées : délais raccourcis, matériel renforcé, rapports hebdomadaires.

Beni : entrée musclée au Nord-Kivu, douze députés dans le sillage

Quelques heures plus tard, cap sur Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Avec douze députés nationaux, Banza atterrit au cœur d’une province meurtrie mais stratégique. Objectif : lancer une séquence ininterrompue de réhabilitation routière.

Les populations l’acclament, les autorités locales mobilisent leurs équipes, les ingénieurs se préparent à suivre le ministre à la trace.

Ici, la tournée se veut offensive : routes de desserte agricole, voies urbaines, lancement de chantiers dans l’Est profond.

Butembo : le geste fort — lancement de la RN2, 160 km de bitume

Puis la caravane file sur Butembo. Objectif : ouvrir l’immense chantier de la RN2, tronçon Butembo–Kanyabayonga.Distance : 160 kilomètres ; budget : financements mobilisés dans le cadre du PACT — Projet d’appui à la connectivité et au transport, avec l’appui de la Banque mondiale.

Exécution : le groupement Zhongru–GGPI.

Trois mots résument l’événement : désenclaver, relancer, intégrer.

Et le Ministre rappelle l’engagement présidentiel : infrastructures, paix, mobilité. Il salue la population de Butembo pour sa résilience.

Puis les ingénieurs posent les banderoles et les bulldozers s’ébranlent : le message est visible, sonore, poussiéreux.

Le ministre salue aussi les voiries urbaines en cours — asphaltage, caniveaux, stabilisation des plate-formes, exécution par des entreprises locales.

Samedi stratégique : annonces chiffrées et décisions majeures

Le lendemain, toujours à Beni, Banza sort la calculette de l’État et fait des annonces : 50 km de routes asphaltées sur financement du Gouvernement central. Cibles : Beni, Butembo, Walikale, Mangina et zones périphériques ; Démarrage annoncé : janvier 2025.

La foule applaudit, puis tombe la bombe aéronautique : lancement des travaux de l’aéroport de Mavivi, désormais rebaptisé « Aéroport Étienne Tshisekedi wa Mulumba ».

3 000 mètres de piste projetée, 150 mètres de dégagement de part et d’autre, une piste actuelle de 1 650 mètres promise à la destruction pour une plateforme totalement modernisée.

Le ministre veut 900 mètres de visibilité d’approche : c’est du béton technique.

Haut-Uélé : Isiro entre en scène

Samedi après-midi. Isiro. Nouvelle province, même énergie. John Banza prévient la presse : « C’est maintenant que je commence les visites. Nous sommes dans la logique du Chef de l’État pour booster les travaux. »

Au programme : inspection, évaluation, pression sur les délais.

Dimanche – Bas-Uélé : Buta sort du sommeil routier

Le dimanche, dernier acte. Direction Buta, dans le Bas-Uélé.

Deux axes stratégiques reçoivent un nouvel élan : RN4 : Buta–Bondo (206 km) et RN6 : Dulia–Aketi (50 km). Exécution : Établissements Yeto sur financement du FONER.

À la clé : flotte d’engins neufs déployée, matériel acquis par le gouvernement provincial.

Et Banza ne s’arrête pas là : il annonce que la route Buta–Bondo sera asphaltée dans une phase future financée par le gouvernement central.

À Buta justement, il inspecte aussi le nouveau siège du Gouvernorat, les préparatifs de la voirie urbaine et l’aménagement du Boulevard Lumumba — trois axes prioritaires en travaux dès avril prochain.

Dans la foule, une phrase fuse : « Ce n’est pas seulement la terre que nous remuons — c’est l’économie de tout un peuple que nous relançons. »

Un ministre qui avale les provinces

En trois jours, John Banza aura touché quatre provinces, lancé des chantiers routiers cumulant près de 500 kilomètres, inauguré une plateforme aérienne stratégique, sondé des universités, des stades, des gouvernorats, mobilisé Banque mondiale, FONER, Gouvernement central et entreprises privées et aligné une délégation politique interprovinciale.

Sa méthode : terrain, bottes, résultats. Pas de liturgie technocratique. Pas de communiqué tiède.

Son style : mettre le pied sur le terrain, regarder les engins, poser la question du délai, exiger un rapport.

Résultat : les provinces visitées parlent déjà de « méthode Banza » — une gouvernance par la poussière, le béton, les échéanciers écrits au marqueur sur les capots des pick-up.

Un week-end, un signal national

Ce week-end, le ministre n’a pas seulement parcouru des routes — il a voulu prouver que l’Est ne serait plus la marge oubliée. Ses mots résonnent comme un programme : connecter, désenclaver, produire, sécuriser.

Et avec ce rythme, ses 100 premiers jours s’écrivent déjà comme les plus productifs qu’ait connus le ministère des Infrastructures en RDC depuis deux décennies.

Et le marathon ne fait que commencer…

Jonas Eugène Kota

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