L’organisation rappelle que ses membres sont des « citoyens américains et résidents légaux d’origine congolaise » qui refusent de voir leur communauté instrumentalisée pour servir des « objectifs géopolitiques étroitement alignés sur les intérêts du gouvernement rwandais ».
Une association des Tutsis Banyamulenge installés aux États‑Unis, la Banyamulenge Global Advocacy (B.G.A.), dénonce vigoureusement le discours rwandais selon lequel les Banyamulenge seraient aujourd’hui en danger en République démocratique du Congo (RDC), y voyant un prétexte récurrent pour justifier trente ans de présence militaire rwandaise sur le sol congolais. Dans une lettre au ton alarmiste datée du 22 novembre 2025 – mais qui est aujourd’hui remise en circulation – et adressée au Sénat des États‑Unis, à la Chambre des représentants, au Département de la Sécurité intérieure et à l’ensemble des autorités fédérales et étatiques, la B.G.A., basée au 8505 Stetson Dr, Fort Worth, TX 76244, dénonce « une campagne coordonnée » visant à manipuler l’opinion américaine au sujet de l’Est congolais.
L’organisation, joignable au 806‑500‑1783 et via info@bgadvocacy.org, rappelle que ses membres sont des « citoyens américains et résidents légaux d’origine congolaise » qui refusent de voir leur communauté instrumentalisée pour servir des « objectifs géopolitiques étroitement alignés sur les intérêts du gouvernement rwandais ».
Un narratif de mise en danger instrumentalisé
Le document affirme que Kigali a construit au fil des années « un récit sophistiqué » présentant les Banyamulenge comme une communauté constamment menacée en RDC, afin de « justifier des interventions militaires répétées et la présence prolongée de ses troupes » sur le territoire congolais depuis près de trois décennies. La B.G.A. insiste sur le fait que les récents progrès sécuritaires obtenus grâce à la coopération entre les armées congolaise et burundaise – notamment la neutralisation de RED‑Tabara et la stabilisation d’Uvira, Fizi et Mwenga – démontrent que « la protection effective des Banyamulenge est aujourd’hui assurée par les forces nationales et non par M23 ni par aucun proxy opérant depuis l’étranger ».
MPA accusée de relayer la ligne de Kigali
La lettre étrille frontalement la Mahoro Peace Association (MPA), qualifiée de « voix fabriquée prétendant parler au nom des Banyamulenge » et dont les manifestations prévues aux États‑Unis seraient « délibérément présentées comme des mouvements de base alors qu’elles ne reflètent ni les aspirations ni l’expérience de notre peuple ».
Pour ces Banyamulenge réunis au sein de la B.G.A., ces actions s’inscrivent dans « une stratégie de communication sophistiquée » visant à affaiblir la coopération sécuritaire entre la RDC et le Burundi et à « ressusciter un climat de peur qui a déjà coûté d’innombrables vies », tout en cherchant à « façonner la politique américaine dans le sens des priorités de Kigali ».
Un appel à la vigilance des institutions américaines
La B.G.A. pose une question cinglante à l’adresse des élus de Washington : « Comment une organisation basée aux États‑Unis peut‑elle, tout en jouissant des libertés américaines, se positionner comme porte‑voix d’une rébellion étrangère et d’un État à maintes reprises mis en cause pour des agressions transfrontalières ? ». L’association exhorte les institutions américaines à « exercer une vigilance accrue », à ne pas se laisser abuser par une « propagande habillée en plaidoyer communautaire » et à se fier plutôt aux rapports onusiens, aux analyses régionales et aux témoignages des communautés congolaises qui subissent, depuis 30 ans, les conséquences d’un narratif rwandais brandissant la prétendue protection des Banyamulenge pour maintenir des troupes en RDC.
Albert Osako

