La République démocratique du Congo (RDC) a profité de la COP30 pour révéler officiellement son programme national de foresterie, « La Forêt, c’est Nous », une initiative colossale de 5 milliards USD destinée à positionner le pays comme futur leader mondial de la foresterie durable. L’annonce a été faite au Pavillon de la RDC, devant diplomates, partenaires techniques et représentants d’institutions internationales.

Pensé sous l’impulsion du Président Félix Antoine Tshisekedi, ce programme ambitionne de traduire les engagements climatiques du pays — Accord de Paris, Convention sur la Biodiversité, AFR100 — en actions concrètes, mesurables et territorialement structurées. Il s’inscrit également comme un instrument majeur de mobilisation des financements internationaux.
« Un programme qui va révolutionner le secteur forestier »La ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, a présenté « La Forêt, c’est Nous » comme un outil stratégique pour passer du discours climatique à la mise en œuvre réelle.

« C’est un programme qui va révolutionner le secteur de l’environnement dans notre pays. La RDC veut rester leader dans le domaine forestier pour des générations », a-t-elle affirmé. Elle insiste sur la logique de coordination nationale : « Tous les partenaires qui travaillent dans la forêt chez nous seront alignés. Nous allons coordonner, monitorer, évaluer et mettre fin aux interventions dispersées. »
Une architecture territoriale couvrant les 145 territoires
Le programme se distingue par une approche territoriale différenciée, qui tient compte des zones agro-écologiques du pays. Il repose sur un cycle complet : sélection de semences locales, mise en pépinière, reboisement, restauration, suivi statistique et contrôle qualité.
Ses composantes techniques incluent :• la restauration des paysages forestiers, y compris dans les zones minières et urbaines ;• l’agroforesterie et l’arboriculture villageoise pour soutenir la sécurité alimentaire ;• la foresterie urbaine et la restauration de mangroves ;• un système complet de MRV (Mesure, Rapportage, Vérification) pour suivre les performances écologiques.
Des objectifs chiffrés à fort impact économique
Sur cinq ans, « La Forêt, c’est Nous » se fixe des ambitions exceptionnelles :
- 8 millions d’hectares restaurés, dont 25 % en agroforesterie ;
- 5 milliards d’arbres plantés, avec un taux de survie d’au moins 80 % ;
- 1,5 à 2 millions d’emplois créés, dont 40 % pour les jeunes et les femmes ;
- 3 programmes carbone certifiés (VERRA, Gold Standard).
Le gouvernement mise ainsi sur la foresterie comme moteur économique, social et écologique à grande échelle.
Un socle scientifique et une professionnalisation du secteur
Marie Nyange insiste sur le rôle central de l’expertise nationale : « Nous ne pouvons pas réparer nos forêts sans nos ingénieurs forestiers. Nous voulons donner du travail aux jeunes ingénieurs de la RDC et renforcer une gestion forestière strictement professionnelle. »
Organisé autour de six piliers — gouvernance locale, restauration forestière, infrastructures d’appui, valorisation des services environnementaux, hydrologie-climat, et One Health — le programme entend moderniser en profondeur le secteur forestier congolais.
JDW

