CIRGL : Judith Suminwa appelle à une solidarité sans faille pour la paix dans les Grands Lacs

Sous les ors de la salle Majesté de l’hôtel Hilton, la capitale congolaise a vibré au rythme diplomatique de la 19ᵉ Réunion du Comité Interministériel Régional de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Devant un parterre de hauts représentants africains et internationaux, la Première Ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, a lancé un appel pressant : « Le développement ne peut être durable sans la paix ».

Réunis sous le thème « Consolider la paix et la sécurité pour un développement durable dans la Région des Grands Lacs », les participants ont planché sur les moyens de transformer les engagements politiques en actions tangibles, dans une région où les promesses de stabilité se heurtent encore trop souvent à la réalité des conflits.

« Les fruits n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs »

D’un ton à la fois ferme et mesuré, Judith Suminwa a rappelé que les États membres avaient, dès 2006 à Nairobi, pris l’engagement de garantir la paix et le développement dans l’espace CIRGL. Près de deux décennies plus tard, le constat est amer : « Les fruits n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs. La RDC fait face depuis novembre 2021 à une agression armée injustifiée d’un autre pays membre de la CIRGL. Cette situation viole le Pacte et met en péril la stabilité de toute la région », a-t-elle déploré.

Pour la cheffe du gouvernement congolais, la paix ne saurait être un simple slogan diplomatique. Elle doit s’incarner dans la coopération, la solidarité et une action commune : « Paix, sécurité et développement sont indissociables. L’un ne peut exister sans les deux autres. ».

Judith Suminwa a aussi remercié les partenaires régionaux et internationaux pour leur engagement, tout en les invitant à « redoubler d’efforts » face à la persistance des tensions qui fragilisent la région.

Floribert Anzuluni : “Passer du discours à l’action”

Prenant la relève, le Ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a appelé ses homologues à cesser de se réfugier derrière les discours diplomatiques pour embrasser la réalité du terrain. « Il y a une différence entre souscrire à des engagements et les mettre effectivement en œuvre. La RDC en est la preuve vivante, étant victime d’une agression d’un autre pays membre », a-t-il martelé.

Lui aussi plaide pour un retour à la sincérité régionale et pour une CIRGL efficace, pragmatique et tournée vers les résultats : « Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais de rattraper le temps perdu en consolidant la CIRGL comme instrument de stabilité et de coopération régionale. »

Un rendez-vous stratégique avant le sommet des Chefs d’État

La rencontre de Kinshasa a réuni des figures de haut rang : le Secrétaire exécutif de la CIRGL, les envoyés spéciaux de l’ONU, de l’Union européenne et de l’Union africaine, ainsi que de nombreux ambassadeurs et coordonnateurs nationaux.

Tous s’accordent à dire que cette 19ᵉ réunion prépare le terrain pour le neuvième Sommet ordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement de la CIRGL, prévu pour le 15 novembre prochain — un rendez-vous jugé crucial pour redéfinir les mécanismes de paix et de sécurité dans la région.

Pour Kinshasa, cette initiative s’inscrit pleinement dans le deuxième pilier du Programme d’actions du Gouvernement, qui prône la cohésion régionale comme levier de paix durable et de prospérité partagée.

En accueillant cette réunion, la RDC réaffirme sa volonté de rester au cœur des efforts diplomatiques visant à stabiliser la Région des Grands Lacs.

Face aux défis sécuritaires persistants, Judith Suminwa veut placer Kinshasa non plus comme simple victime, mais comme acteur moteur d’une paix durable, fondée sur la responsabilité collective et la coopération effective entre voisins.

JEK

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