COP30 – Belém : Marie Nyange exige une reconnaissance concrète du rôle climatique de la RDC

La voix de la République démocratique du Congo (RDC) s’est fait entendre avec force dès la première journée de la COP30 qui s’est ouverte ce lundi à Belém.

S’exprimant devant les délégués du monde entier, Marie Nyange Ndambo, ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, a plaidé pour une reconnaissance internationale réelle et tangible du rôle central de la RDC dans la lutte contre le changement climatique.

« Nous voulons que le monde reconnaisse notre capacité à réguler le climat. Nous voulons aussi que cette reconnaissance s’accompagne de retombées », a-t-elle martelé, sur un ton à la fois ferme et déterminé.

Un plaidoyer pour une reconnaissance assortie d’impact concret

La ministre congolaise a rappelé que les forêts congolaises, les plus vastes du bassin du Congo, absorbent des milliards de tonnes de carbone chaque année, contribuant ainsi à stabiliser le climat mondial.

Mais cette contribution essentielle, a-t-elle insisté, doit désormais se traduire en bénéfices directs pour les populations congolaises, en particulier les communautés locales et les peuples autochtones qui en assurent la protection depuis des générations.

« Ces retombées doivent atteindre directement ceux qui vivent dans et autour des forêts. Leur rôle dans la conservation mérite reconnaissance, soutien et justice », a affirmé la ministre qui a également réitéré l’engagement ferme de la RDC à préserver ses forêts, afin de garantir la durabilité de ce patrimoine vital pour l’humanité tout entière.

Deux initiatives emblématiques pour une RDC “pays-solution”

Au cœur de la stratégie congolaise présentée à Belém, deux programmes structurants illustrent la vision du pays en matière de climat et de développement durable :

  • Le Couloir vert Kivu-Kinshasa, un projet inédit qui permettra de préserver plus de 30 % du territoire national en zones forestières protégées et restaurées.
  • « La Forêt, c’est nous », une initiative citoyenne et inclusive qui renforce la gestion communautaire des forêts, tout en intégrant des programmes de reboisement, d’éducation environnementale et de création d’emplois verts.

En conjuguant ces deux dynamiques, la RDC ambitionne de renforcer son statut de pays-solution, en démontrant qu’il est possible de concilier conservation, croissance économique et justice sociale.

Souveraineté et transparence dans le marché du carbone

Abordant la question cruciale de la finance carbone, Marie Nyange a annoncé une réforme majeure : la mise en place de l’Autorité de régulation du marché carbone, une innovation initiée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ce nouvel organe vise à garantir la transparence, la compétitivité et la souveraineté du pays sur les crédits carbone générés par ses écosystèmes.

« Nous sommes en train d’apporter l’innovation en ce qui concerne le marché du carbone », a-t-elle précisé pour ajouter : « Personne ne pourra plus vendre les crédits générés par nos forêts sans nous. Nous organisons notre marché de manière compétitive, souveraine et équitable. »

Cette réforme marque un tournant décisif pour la RDC, qui entend désormais capituler la valeur écologique de ses forêts dans un cadre maîtrisé et profitable à la nation.

Une COP de l’action et de la souveraineté climatique

En prenant la parole à Belém, la ministre Marie Nyange a confirmé que la RDC aborde cette COP30 avec une stratégie claire et assumée : transformer la reconnaissance écologique en partenariats concrets, financements durables et souveraineté climatique. La République démocratique du Congo entend ainsi s’imposer non plus comme une victime du réchauffement global, mais comme un acteur incontournable et une solution structurelle à la crise climatique mondiale.

« Nous ferons de cette COP une tribune pour la voix du Congo. Nos forêts régulent le climat mondial, elles doivent désormais réguler aussi notre développement », a conclu la ministre.

Albert Osako

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