« La RDC ne sollicite ni charité, ni commisération : elle exige justice, vérité et dignité ». À l’ONU, le Président Félix Tshisekedi a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour reconnaître le « génocide silencieux » qui frappe son pays depuis plus de trente ans et pour agir enfin afin de mettre fin à l’impunité et restaurer la paix à l’Est de la République démocratique du Congo. « Tant que ces décisions ne seront pas exécutées, le sang des innocents continuera de couler », a prévenu le Chef de l’État.
À l’occasion de la 80ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président de la République démocratique du Congo a prononcé un discours marquant, plaçant la paix et la sécurité au cœur de l’agenda international et dénonçant trente années d’impunité dans l’Est de son pays.
Devant les chefs d’État et de gouvernement réunis à New York, le Président congolais a décrit un conflit devenu « une entreprise prédatrice » visant à « piller nos ressources, effacer notre mémoire collective et détruire nos communautés ». Il a déploré les conséquences désastreuses de cette guerre : « des millions de morts, des familles décimées, près de sept millions de déplacés, femmes et enfants pris pour cibles, des villages rayés de la carte, des générations sacrifiées ».
Félix Tshisekedi a dénoncé les massacres récents à Rutshuru, imputés à l’AFC/M23 avec l’appui des forces rwandaises, et a rappelé que le Conseil de sécurité, par sa résolution 2773 du 21 février 2025, avait exigé le retrait du M23 et le rétablissement de l’autorité de l’État congolais : « Le retrait des troupes rwandaises, la fin de leur appui au M23 et le retour de l’autorité de l’État congolais sur toutes les zones occupées constituent des conditions non négociables pour une paix véritable ».
L’Accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025 avec le Rwanda et la Déclaration de principes de Doha du 19 juillet 2025 avec le M23 constituent, selon lui, des étapes cruciales. Le Président a appelé les Nations Unies à veiller à la stricte application de ces accords, rappelant que « tant que ces décisions ne seront pas exécutées, le sang des innocents continuera de couler ».
Dans un appel solennel à la communauté internationale, il a déclaré : « La RDC ne sollicite ni charité, ni commisération : elle exige justice, vérité et dignité ». Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « génocide silencieux qui frappe le peuple congolais depuis plus de trente ans » et demandé la mise en place immédiate d’« une Commission d’enquête internationale, indépendante et dotée de moyens, pour établir la vérité, rendre justice aux victimes et rompre le cycle de l’impunité ».
Le Président Tshisekedi a également souligné la volonté de la RDC de contribuer à la paix mondiale, en particulier lors de son futur siège au Conseil de sécurité pour 2026–2027. Il a indiqué que l’action de son pays s’articulera autour de priorités claires : « paix et sécurité » et « prévention et résolution des conflits », ainsi qu’une gouvernance exemplaire de ses ressources naturelles.
Par ailleurs, il a réaffirmé l’importance de la réforme du Conseil de sécurité, insistant sur la position africaine : « L’Afrique doit bénéficier de deux sièges supplémentaires dans la catégorie des membres non permanents et de deux sièges dans celle des membres permanents, avec les mêmes droits — y compris le droit de veto —, les mêmes privilèges et les mêmes obligations que les membres permanents actuels ».
Le Président Tshisekedi a élargi son propos aux enjeux environnementaux et climatiques, soulignant la responsabilité de la RDC : « Forte d’un potentiel environnemental unique au monde, la République Démocratique du Congo se tient au cœur des solutions : elle est prête à mobiliser ses atouts naturels au service du climat global ».
En résumé, Félix Tshisekedi a envoyé un message clair à la communauté internationale : « La paix commence par la reconnaissance de notre propre tragédie. Reconnaissez le génocide congolais, soutenez notre combat pour la vérité et la justice, et aidez-nous à bâtir enfin une paix durable au cœur de l’Afrique ».
Jonas Eugène Kota

